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Marchand-Balet Géraldine · Nationalrat · 2017-06-08

Marchand-Balet Géraldine · Nationalrat · Wallis · CVP-Fraktion · 2017-06-08

Wortprotokoll

Selon une étude Spliss publiée en 2011, 55 pour cent des athlètes suisses estiment que l'on a bien ou suffisamment aidé à concilier formation et sport de haut niveau au degré secondaire II. Il est possible de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Un tel chiffre montre qu'un athlète sur deux est insatisfait des structures mises en place pour la conciliation entre sport d'élite et formation. Des mesures doivent donc être prises.

Si la qualité de nos universités n'est plus à prouver, beaucoup s'accordent à dire que la force du modèle suisse de formation se situe au niveau de la formation professionnelle. Aux Etats-Unis, les sportifs d'élite passent nécessairement par l'université. Or, si la force du modèle suisse de formation se situe au niveau de la formation professionnelle, pourquoi ne pas encourager cette voie qui a fait ses preuves pour les athlètes helvétiques?

Swiss Olympic a mis en place une structure pour concilier la formation professionnelle initiale et le sport d'élite, et 350 entreprises formatrices ont rejoint ce réseau. Néanmoins, si l'on considère les 17 000 détenteurs de "Talent Card Swiss Olympic", et que l'on sait que deux jeunes sur trois optent pour la formation professionnelle en Suisse, alors ce chiffre de 350 entreprises pour environ 11 000 jeunes paraît bien maigre.

Néanmoins, la structure et les conditions-cadres existent, c'est là le point positif. Il faut uniquement un coup de pouce, une incitation, pour pousser plus d'entreprises à s'engager. Le parcours de sportif d'élite est chronophage et coûteux pour l'athlète et sa famille. Afin de réussir sur la scène internationale, des conditions-cadres optimales doivent être mises en place au niveau national. Des établissements spécialisés existent, mais ils sont onéreux et orientent forcément vers une formation gymnasiale, ce qui est paradoxal lorsque l'on sait que 70 pour cent des jeunes s'orientent normalement vers la formation professionnelle. Pour l'entreprise, engager un sportif d'élite est risqué: il faut faire preuve de flexibilité, de compréhension et de disponibilité. C'est un investissement à long terme.

Afin d'encourager les entreprises à engager de jeunes sportifs d'élite, la Confédération pourrait prendre en charge les charges patronales liées aux jeunes sportifs formés en entreprise. Une telle incitation augmenterait sensiblement le nombre d'entreprises susceptibles d'engager des sportifs d'élite. La loi sur l'encouragement du sport, à l'article 16 alinéa 3, prévoit expressément un soutien de la Confédération pour les offres permettant de concilier sports et études ou apprentissage. C'est une situation "win-win". L'athlète est formé, ce qui garantit une transition réussie après la carrière sportive. L'entreprise forme soit un futur employé, probablement très productif, soit un futur athlète d'élite, qui fera rayonner l'entreprise. La société y gagne aussi, car le risque qu'elle doive supporter des coûts lors de la reconversion [PAGE 999] professionnelle du sportif diminue, et la compétitivité de la Suisse sur le plan sportif est boostée. L'encouragement de la formation professionnelle initiale pour les jeunes sportifs d'élite est une solution avantageuse qu'il faut encourager.

Pour toutes ces raisons, je vous remercie de soutenir ce postulat.