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Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2017-06-12

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-06-12

Wortprotokoll

Dans cette motion, je me réfère au plan Vigipirate. Ce n'est évidemment pas pour l'imiter, ni pour demander que l'on transpose en Suisse un dispositif élaboré dans un pays comme la France, centralisé et doté d'une armée de métier. Je suis trop attaché au fédéralisme et à notre armée de milice, que nous ne devons sacrifier à aucun prix, même pour de bons motifs de sécurité. Je ne suis pas non plus obsédé par la France. D'autres pays, comme l'Allemagne, connaissent, eux aussi, des dispositifs particuliers de sécurité dont nous pourrions fort bien nous inspirer. Ce qui m'importe, ce n'est donc pas le nom "plan Vigipirate", c'est juste l'esprit, l'idée de manoeuvre.

J'ai lu l'avis du Conseil fédéral. Il me confirme dans le constat qu'en l'état le dispositif mis en place dans notre pays consiste essentiellement en des plates-formes d'échange d'informations à caractère policier. Il n'entraîne guère la coopération opérationnelle du personnel qu'au niveau des états-majors, c'est-à-dire aux échelons supérieurs seulement, sans la troupe. Il ne semble pas impliquer d'une manière suffisamment étroite notre armée, unique réserve stratégique décisive disponible à l'échelon fédéral, en particulier ses corps de troupe composés de soldats de milice, sauf lors de quelques rares exercices. Il laisse sans réponse vraiment satisfaisante des questions importantes que ne manqueraient pas de soulever, en cas de nécessité, l'engagement de personnel issu de corps divers avec des subordinations diverses. Citons en particulier les suivantes: pour soutenir le Corps des gardes-frontière, on envisage d'engager les unités professionnelles de la police militaire, mais leur instruction, en l'état, présente sur les questions précisément liées aux frontières des lacunes qui les empêchent d'être engagés sans autre à nos frontières.

Si, même avec le soutien de policiers militaires dont l'effectif est réduit, le Corps des gardes-frontière aux effectifs notoirement insuffisants venait à manquer de personnel pour assumer certaines missions, sommes-nous bien sûrs que la [PAGE 1044] montée en puissance de notre armée de milice, qui serait alors nécessaire, serait garantie par des mesures concrètes d'instruction de la troupe et par des engagements entraînés sur le terrain à l'échelle un sur un?

Dans le même sens, si, en cas de menace grave pesant sur la sécurité intérieure, notre armée de milice devait être engagée, sa montée en puissance serait-elle garantie alors qu'elle n'est pratiquement pas entraînée sur le terrain?

Le plan Vigipirate que, je le répète, il ne s'agit pas d'imiter, n'est pas juste le système rigide décrit par le Conseil fédéral. Il fixe des degrés de menace, mais nous aussi nous devons le faire. Et surtout - j'insiste sur ce point -, pour garantir la sécurité des Suisses, il faut plus que la simple collaboration de multiples corps et acteurs fédéraux et cantonaux de sécurité. Il faut aussi, en sus, une instruction parfois mieux ciblée du personnel concerné et surtout un entraînement. Cet entraînement ne doit pas seulement se faire dans des états-majors, lors de séances ou par des plates-formes d'information et de coordination, mais il doit se faire aussi sur le terrain, à l'échelle un sur un, et porter sur des engagements complexes et délicats.

Il faut donc aller un peu plus loin que ce qui se fait aujourd'hui; c'est simplement ce que je demande. Pour cela, je vous propose d'accepter ma motion.