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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2017-06-13

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-06-13

Wortprotokoll

J'ai choisi de vous parler aujourd'hui du thème de l'intégration, traité en Commission de gestion avec la cheffe du Département fédéral de justice et police, Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, il y a un mois, le 8 mai 2017. Voici en bref ce qui est ressorti de cette discussion.

Depuis quelques années, entre 12 000 et 14 000 personnes obtiennent l'asile ou l'admission provisoire chaque année en Suisse. La moitié de ces personnes ont entre 16 et 39 ans et représentent un important potentiel de main-d'oeuvre pour le marché du travail. Selon les cantons, si elles sont placées au bon endroit, 75 pour cent d'entre elles peuvent s'intégrer professionnellement.

Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga soutient un projet pilote qui entend préparer chaque année des milliers de jeunes à l'apprentissage par un préapprentissage d'intégration. La Croix-Rouge suisse, par exemple, a déjà fait de bonnes expériences en plaçant des jeunes dans le domaine des soins où, comme vous le savez, la Suisse est confrontée à un sérieux manque de personnel. Le 8 mai dernier, le projet Sésame, cofinancé par le Secrétariat d'Etat aux migrations, a été présenté aux médias par la Croix-Rouge suisse. Ce projet englobe des prestations de soutien pour les personnes migrantes qui désirent obtenir un certificat d'auxiliaire de santé. Plus de 360 personnes peuvent profiter de ce programme, dont 53 pour cent sont soumises au droit d'asile. Ce type de projet de préapprentissage se généralisera l'an prochain et devrait permettre chaque année à plus de mille personnes de se préparer à entrer sur le marché du travail.

Pour promouvoir l'intégration linguistique et professionnelle des réfugiés, la Confédération verse des forfaits aux cantons. En 2016, la Conférence des gouvernements cantonaux, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique et la Conférence des directeurs cantonaux chargés de la prévoyance sociale ont calculé que les cantons avaient besoin de davantage de moyens: 18 000 francs plutôt que les 6000 versés actuellement par la Confédération. La Confédération est prête à donner plus, mais veut s'assurer que les cantons placent les incitations au bon endroit. C'est pourquoi elle souhaite faire une analyse avec les cantons, afin de faire le point sur la question. Elle se demande, par exemple, pourquoi il y a d'importantes différences entre les divers taux d'activité des réfugiés - de 9 à 40 pour cent selon les cantons.

Actuellement, la Confédération paie pendant cinq ans l'aide sociale destinée aux réfugiés reconnus, et pendant sept ans celle destinée aux admis provisoires. Ensuite, c'est aux cantons de prendre le relais. Madame la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s'étonne du fait que le taux d'activité augmente subitement lorsque le forfait de la Confédération cesse. Sans mettre la faute sur personne, elle a souligné que l'intégration professionnelle est dans l'intérêt de tous, les réfugiés intégrés coûtant moins cher au pays. En bref, la Confédération est prête à verser davantage d'argent aux cantons, mais elle veut d'abord savoir pour quoi précisément ils en ont besoin. Un travail commun doit être garanti afin d'avoir des incitations justes.

La loi d'application de l'initiative contre l'immigration de masse aura pour conséquence, dès l'an prochain, l'obligation d'annoncer les places vacantes. Les réfugiés et personnes admises provisoirement devront être annoncés auprès des offices régionaux de placement, ce qui devrait faire augmenter leur taux d'activité. Il reste encore beaucoup à faire, c'est une tâche difficile, mais avec une bonne collaboration avec les cantons, l'intégration sera d'autant plus profitable à tous. Plus ces personnes seront intégrées vite sur le marché du travail, moins elles seront dépendantes de l'aide sociale.