Seydoux-Christe Anne · Ständerat · 2017-06-13
Seydoux-Christe Anne · Ständerat · Jura · CVP-Fraktion · 2017-06-13
Wortprotokoll
Je suis en effet satisfaite des réponses données par le Conseil fédéral à mon interpellation et l'en remercie. J'estime que le Conseil fédéral donne une bonne vue d'ensemble de la mise en oeuvre de la nouvelle loi sur les écoles suisses à l'étranger. De plus, il me semble que la stratégie pour le développement du réseau des écoles suisses à l'étranger est cohérente. Cependant, quelques questions supplémentaires ont surgi à la lecture de ce document sur la stratégie, celle-ci ayant été adoptée le 28 juin 2016 par le Département fédéral de l'intérieur.
D'une part, les écoles suisses sont traditionnellement germanophones, car elles ont presque toutes été fondées par des Suisses alémaniques. Seule l'école de Bogota dispose d'une section français-espagnol, parallèlement à la section allemand-espagnol. Or, la nouvelle loi sur les écoles suisses à l'étranger honore financièrement l'utilisation de plusieurs langues nationales suisses comme langues d'enseignement, et j'aimerais savoir si l'on peut espérer le développement de nouvelles filières en français ou en italien dans ces écoles. Par ailleurs, qu'en est-il des élèves francophones et italophones? Sont-ils contraints de fréquenter les écoles françaises ou d'autres écoles privées internationales, ou peuvent-ils être admis dans ces écoles privées suisses, même si l'enseignement y est dispensé en allemand?
D'autre part, s'agissant de la fondation et de la construction de nouvelles écoles, la Confédération a une compétence subsidiaire qui lui permet de participer à hauteur de 50 pour cent des coûts ou au maximum à 3 millions de francs. L'initiative de créer une école relève toujours d'un groupe de Suisses de l'étranger et du parrainage d'un canton - c'est d'ailleurs aussi pour cela que les écoles sont essentiellement germanophones, puisqu'il n'y a pratiquement que des cantons alémaniques qui soutiennent ces écoles. Cette compétence subsidiaire ne constitue-t-elle pas un frein au développement d'écoles suisses à l'étranger? Peut-on imaginer que, à l'avenir, la Confédération puisse également prendre l'initiative de fonder une école si ses intérêts le justifient? Je sais que cela demanderait des modifications légales, mais je trouve que l'enjeu n'est pas négligeable pour nous, même si on ne se situe pas dans la perspective française.
Enfin, si l'on examine le positionnement géographique des écoles suisses reconnues, on voit qu'il n'y a plus aucune école suisse en Afrique, notamment en Afrique francophone; or, ce continent présente un grand intérêt pour notre pays en matière de formation, mais aussi, je crois, en matière économique. Dans le cadre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie (APF), lorsque nous discutons avec nos collègues, nous réalisons que ces pays, qui sont en plein développement démographique et géographique - je l'ai dit -, et dans nombre desquels on parle le français, sont très intéressés par le système suisse de formation duale - Monsieur Berberat a rédigé un rapport à ce sujet pour l'APF. Nous voyons que beaucoup d'Etats africains sont demandeurs en la matière.
J'aimerais savoir comment le Conseil fédéral envisage le développement du réseau des écoles suisses sur ce continent. Je crois, en effet, que c'est aussi l'occasion d'offrir un espoir aux jeunes d'Afrique. Quand j'entends Madame Merkel appeler à investir sur ce continent, qui nous est très proche, et à le soutenir, je pense qu'on doit aussi se poser la question dans notre pays.[GZ]
Je vous remercie d'avance de vos réflexions sur ce sujet.