Comte Raphaël · Ständerat · 2017-06-14
Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2017-06-14
Wortprotokoll
Je vais aller naturellement dans la même direction que les orateurs précédents. Je vois dans la réponse du Conseil fédéral un certain contraste. Le Conseil fédéral reconnaît l'importance de l'instrument qu'est la réduction de l'horaire de travail et il reconnaît que c'est un instrument qui porte ses fruits. Il a raison de le dire - le Conseil fédéral a souvent raison! -, et si cet instrument n'existait pas, il faudrait sans doute l'inventer!
Madame Keller-Sutter a notamment évoqué les chambres de commerce de l'Arc jurassien qui ont eu l'occasion d'ailleurs, il y a quelques semaines, de dresser un état des lieux de la situation économique dans l'Arc jurassien. Ces chambres de commerce tirent la sonnette d'alarme au sujet de la situation dans l'Arc jurassien et mettent en avant le fait que cet instrument - la réduction de l'horaire de travail - est véritablement, aujourd'hui, vital pour cette région et pour de nombreuses branches économiques.
C'est donc un instrument qui bénéficie vraiment d'un soutien très fort dans les entreprises, et qui permet de préserver des emplois dans les périodes un peu orageuses. Il permet donc de laisser passer l'orage pour que les emplois ne soient pas perdus. Si ces emplois venaient à être perdus dans l'Arc jurassien, il serait alors sans doute beaucoup plus difficile de les recréer par la suite, et je crois que nous avons tout intérêt à faire en sorte que ces emplois soient maintenus afin de ne pas avoir, ensuite, à faire des efforts extrêmement importants pour les recréer.
Il y a donc un contraste dans la réponse du Conseil fédéral: d'un côté, il y a la reconnaissance de l'importance de cet instrument et, de l'autre, on sent une extrême prudence face à l'idée de prendre une décision favorable à la prolongation de la réduction de l'horaire de travail.
Je crois que le temps est venu de prendre cette décision. Je sais, Monsieur le conseiller fédéral, que vous êtes particulièrement sensible aux préoccupations des entreprises. Je vous invite ici à entendre les appels extrêmement nombreux non seulement des milieux économiques concernés de l'Arc jurassien, mais bien sûr également des milieux économiques suisses. Pour ce qui est des milieux de l'Arc jurassien, que je connais très bien, je peux vous rassurer: ce ne sont pas des repaires de marxistes, de trotskistes ou de léninistes! Non, ce sont des gens qui sont fermement attachés à l'économie de marché, mais pour lesquels cet instrument est extrêmement important pour maintenir les emplois. C'est à ce titre-là que ces entreprises soutiennent cet instrument.
Avec mon collègue Didier Berberat, nous avons eu plusieurs fois l'occasion de rappeler l'importance de cet instrument. Des interventions ont souvent été déposées et ont d'ailleurs souvent été soutenues par le Parlement. Je crois que le temps est venu, pour le Conseil fédéral, de prendre une décision. Nous espérons vivement que vous prendrez cette décision rapidement et que celle-ci sera la bonne!