Hêche Claude · Ständerat · 2017-06-14
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-06-14
Wortprotokoll
Je tiens tout d'abord à remercier notre collègue Jean-René Fournier d'avoir déposé cette interpellation.
Si le projet n'est pas combattu, il restera 38 chevaux de selle pour les écoles et les cours de notre armée. On peut se poser la question suivante: pourquoi s'arrêter à 38? C'est un chiffre qui s'approche de l'anecdotique. Pourquoi ne pas passer directement à zéro et utiliser l'argent pour investir dans [PAGE 503] une vitrine en l'honneur de la race indigène du Franches-Montagnes, à exposer dans l'un des nombreux musées de notre pays? Cela aurait le mérite d'être clair et direct.
La volonté d'économies relative à la subvention en faveur du Centre équestre national de Berne ne résoudra pas les problèmes d'investissements dans l'immobilier et l'armement du DDPS. Or une telle décision aura une très forte portée symbolique et enverra un signal très négatif, en particulier pour les éleveurs de chevaux franches-montagnes. Car ce qui peut apparaître à chaque fois comme une mesure légère, signifie au contraire énormément pour la race et les nombreux éleveurs. Mais quel paradoxe!
Ainsi, je me permets de rappeler que nous faisons des efforts importants pour sauver certaines espèces et préserver la biodiversité. Et là, à coup d'économies par-ci, de mesures de rationnement par-là, également, je dois le signaler, au Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche, on projette de "dépouiller" cette espèce indigène, par petites touches, l'air de rien.
Que dire de la recommandation du Contrôle fédéral des finances qui veut faire jouer la concurrence sur quelques chevaux au nom des marchés publics OMC? Je rappelle, et mon préopinant l'a précisé, que l'on parle d'environ 2,7 millions de francs - achats de chevaux, formation, soins, entretien. Tout ne peut pas être réduit à des considérations économiques. Le cheval peut représenter une alternative intéressante locale et à fort capital sympathie pour servir l'armée dans certains cas de figure. Et vous savez comme moi que l'image de l'armée ne doit pas être négligée.
On le voit, pour la police dans certaines manifestations, les chevaux représentent un moyen efficace d'assurer l'ordre et la sécurité dans certaines situations.
A leurs débuts, j'ai plaisir à le relever, les policiers à vélo ont fait rire. Aujourd'hui, la prestation n'est plus remise en cause. Le cheval, j'en suis convaincu, peut répondre à certains besoins. L'armée se doit d'être imaginative et novatrice. Sauver cette race demande une attention à plusieurs niveaux, et même si l'intention première n'est certainement pas de lui causer du tort, il faut être attentif aux décisions qui pourraient avoir un impact important en s'additionnant à d'autres mesures.
Au final, c'est notre patrimoine que l'on met en jeu. Je compte donc sur vous, Monsieur le conseiller fédéral, pour revoir ce que je qualifierais de mauvais projet.