Schmied Walter · Nationalrat · 2002-04-17
Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2002-04-17
Wortprotokoll
Le Conseil national a transmis, en date du 4 mars 1999, sous forme de postulat ma motion 97.3515. Celle-ci demandait que l'on introduise au niveau fédéral un service de contact téléphonique spécialement conçu pour les consommateurs de drogue. Or, le Conseil fédéral, selon toute évidence, n'a pas jugé utile de mettre en oeuvre ma requête d'alors. Cette raison m'a conduit à déposer la présente interpellation dans laquelle j'ai posé plusieurs questions. Malheureusement, la réponse du Conseil fédéral ne me satisfait pas.
Plutôt que d'imaginer la mise en place des structures réclamées dans la motion précitée, à savoir l'introduction d'une ligne téléphonique gratuite pour les drogués, le Conseil fédéral se plaît à relever qu'à son avis, le nombre et la qualité des services d'information et de conseil existant en Suisse répondent aux besoins. Je ne peux pas souscrire à ce constat. Ce dernier est d'ailleurs contradictoire par rapport aux affirmations émises en son temps par le département compétent lorsqu'il s'est agi de combattre l'initiative populaire "Jeunesse sans drogue", souvenez-vous-en. On affirmait alors que l'on voulait mettre l'accent sur la prévention et aider les drogués. C'est ce que je demandais aussi dans ma motion.
Je suis conscient, Madame la Conseillère fédérale, qu'offrir une aide directe aux drogués par un service téléphonique gratuit, à trois chiffres, comme le Parlement l'a souhaité, atteignable 24 heures sur 24, va à l'encontre de certains services sociaux existants. Certains travailleurs sociaux n'y trouveraient donc plus leur compte, et j'en suis conscient. Mais il s'agit de savoir si l'intérêt des fonctionnaires spécialisés en la matière, qui sont au front, passe avant l'intérêt des plus démunis, c'est-à-dire ceux qui se trouvent dans la rue, au moment crucial de leur vie, isolés le soir dans une sombre ruelle en cul-de-sac, et dans l'attente de l'aide du prochain et peut-être dans l'espoir de pouvoir s'engouffrer dans une cabine téléphonique pour percevoir ne serait-ce qu'un semblant de voix humaine.
Le Conseil fédéral me répond que la Main tendue existe. C'est vrai, mais cette aide n'est pas suffisamment orientée vers les problèmes des drogués. Ce qui fait dire au Conseil fédéral que la demande ne justifie pas la mise à disposition d'une ligne téléphonique spéciale pour les drogués. Je ne suis pas du même avis, et les arguments avancés dans votre réponse, malheureusement, ne m'ont pas convaincu. Pourquoi alors avoir ouvert entre-temps l'"Alco-line", ligne que l'on refuse aux drogués? L'"Alco-line", tout le monde l'aura compris, s'adresse uniquement aux alcooliques, et ce malgré la transmission de ma motion sous forme de postulat voici plusieurs années.
Un service tel que je le préconise existe en France et aux Pays-Bas. Le service français, appelé "Drogue Info Service", répond à 13 000 appels par mois. Que l'on ne me dise pas que la Suisse ne peut pas introduire un service équivalent sous prétexte de coûts par trop onéreux, surtout pas après le crédit de plusieurs centaines de millions de francs que l'on vient d'adopter! "Alco-line" existe et la ligne que je revendique pour les toxicomanes pourrait au pire des cas y être combinée. J'ai donc la désagréable sensation que l'on ne tient pas à traiter les toxicomanes comme des personnes méritant notre aide.
Je déclare que je ne suis pas satisfait de la réponse à mon interpellation et j'espère toujours que le postulat transmis en son temps sera traduit dans les faits.