Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-04-17
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-04-17
Wortprotokoll
Je vous propose de rejeter ce postulat. Si j'admire en effet le talent oratoire de M. Zisyadis et les comparaisons qu'il fait, et si j'aime bien le fromage au lait cru, je crois que notre prise de position est tout à fait satisfaisante. D'ailleurs, sa demande tient un peu de la plaisanterie.
D'abord, il n'y a pas et il n'y a jamais eu dans notre législation d'interdiction de la production de fromage au lait cru. Mais on a eu des cas de listériose et des problèmes avec une sorte de fromage. Dans un premier temps, on a pensé que c'était le lait cru qui était à l'origine des cas de listériose. Entre-temps, d'après ce que j'ai cru comprendre, on a découvert que la source de l'agent pathogène était ailleurs.
Au moment où on a eu un problème de santé publique, et un cas de décès, on a dû avertir la population et tout faire pour éviter que le problème dure. A un moment donné, sur la base de l'hypothèse de départ qui paraissait tout à fait crédible - je vous rappelle aussi le problème de la salmonellose, par exemple, lié très souvent aux oeufs et préparations à base d'oeufs - nous avons dû réagir, informer et dire: "Attention! ces fromages ne peuvent pas être vendus, car le risque de listériose est très élevé." C'est notre rôle. Ce n'est pas de l'hyperhygiénisme que de réagir à un problème de santé publique aussi important.
Puis, en analysant le problème, on a découvert que ce n'était pas le lait cru qui était en cause. Le problème résidait dans les conditions de production du fromage en cause. Si [PAGE 611] je me rappelle bien, c'était un problème lié à l'élastique qui entourait l'écorce d'arbre servant à façonner le fromage. A partir du moment où le problème a été repéré, on a changé son fusil d'épaule, c'était tout à fait normal. On a constaté que ce n'était pas au niveau du lait, de la matière première, que le problème se posait, mais au niveau du processus de production et des matériaux utilisés, donc ce n'était ni la loi ni la pratique qu'il fallait changer.
Quand je dis que nous proposons de rejeter le postulat, c'est tout simplement parce que nous pensons qu'une étude sur les standards prohibitifs de production - qui finissent par obtenir l'opposé de ce qu'ils veulent obtenir - et la tendance hyperhygiéniste dans les règlements du secteur industriel, n'est pas le moyen approprié. Le dernier point étant réglé en lui-même, je considère que ces deux demandes ne peuvent pas être à l'origine d'un rapport et d'une recherche scientifique, mais qu'elles sont soit de nature idéologique, soit de nature rhétorique - et je l'admire, dans ce cas -, soit de nature à nous lancer dans un travail que nous ne pouvons pas faire.
Le postulat Zisyadis doit être rejeté.