Berberat Didier · Ständerat · 2017-09-14
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-09-14
Wortprotokoll
Je me suis déclaré partiellement satisfait des réponses du Conseil fédéral dans la mesure où il a déjà fait beaucoup dans ce domaine. Malgré tout, la conclusion de ses réponses ne me convient pas.
Je rappelle que, mais vous le savez, dans le cadre de sa politique un peu chaotique, l'administration Trump a décidé dans les premiers jours du mandat du président nouvellement élu de couper les subventions allouées à plusieurs programmes. Dans le passé, les présidents républicains ont souvent utilisé la règle du bâillon mondial pour couper des aides financières accordées au développement, notamment lorsqu'il s'agissait [PAGE 622] d'avortement ou de planning familial. Mais l'administration Trump a fait mieux dans la mesure où elle a supprimé les subventions allouées non seulement aux organisations de planning familial, mais aussi aux organisations actives dans les domaines de la santé maternelle et infantile, de la nutrition, du traitement et de la prévention du VIH/sida ainsi que d'autres maladies infectieuses comme le paludisme, la tuberculose ou de maladies tropicales souvent oubliées. C'est un programme de 9,5 milliards de francs dans ce domaine que la décision des Etats-Unis a mis en difficulté.
Pour neutraliser les effets néfastes de ces coupes budgétaires drastiques, un certain nombre de pays, sous l'impulsion des Pays-Bas, ont mis sur pied un programme appelé "She decides" ou, en français dans le texte, "Elle décide", ce que je préfère d'ailleurs. Ce programme appelle les pays à compenser, du moins partiellement, les baisses budgétaires opérées par les Etats-Unis. Un représentant de la Suisse a participé à la conférence qui a été organisée pour discuter ce programme. Je remercie d'ailleurs le Conseil fédéral d'avoir délégué quelqu'un à cette conférence qui était extrêmement importante. Le Conseil fédéral nous explique, et j'en suis satisfait, ce qu'il pense notamment de tous les programmes d'aide destinés notamment aux femmes et aux enfants. Le DFAE et la Suisse ont eu un rôle exemplaire dans ce domaine. Je n'ai rien à ajouter sur ce point.
Cependant, il est vrai que la décision des Etats-Unis reste scandaleuse. Ce n'est pas le Conseil fédéral qui peut le dire, cela je le comprends bien puisque, à mon avis, ce n'est pas la Suisse qui doit être en pointe pour critiquer l'administration Trump. D'abord parce que la Suisse a un rôle spécial à jouer avec la Genève internationale, ensuite parce que la Suisse est plutôt encline à jeter des ponts plutôt qu'à ériger des murs. Si nous pouvions essayer de trouver des solutions pour faire revenir à la raison l'administration Trump et son président un peu fantasque, cela me paraîtrait une bonne chose.
Je sais qu'au sein du département, Monsieur le conseiller fédéral, vous avez essayé d'opérer un certain nombre de transferts budgétaires pour faire en sorte d'aider encore plus les femmes et les enfants, ce qui me paraît extrêmement important. Mais, malgré tout, la conclusion de la réponse du Conseil fédéral dit qu'on ne peut pas faire beaucoup plus. Cela ne me satisfait pas, bien entendu; cela me déçoit même. Mais ce que je dois dire, c'est que le sentiment suscité par ma déception n'est pas dirigé contre le Département fédéral des affaires étrangères et son chef, mais notamment contre les coupes budgétaires incessantes qui sont opérées, d'abord, sur proposition du Conseil fédéral et qui sont parfois même amplifiées par la majorité des membres du Parlement.
Je dois dire que le DFAE, et l'aide au développement en particulier, paie un prix particulièrement lourd avec ces coupes, puisque proportionnellement des efforts beaucoup plus importants sont faits par ce département que par d'autres départements. C'est extrêmement inquiétant à une époque où la solidarité internationale devrait jouer un plus grand rôle.
Je suis donc partiellement satisfait de la réponse. Je suis déçu que la Suisse ne puisse pas faire mieux. Je comprends la situation, mais si cette politique continue et qu'on en voie des effets très dommageables pour les femmes et les enfants, notamment dans les pays en développement, par exemple en Afrique, on devra revoir cette question et, le cas échéant, adhérer à ce programme parce que c'est vital pour certaines personnes. Les Etats-Unis, qui jouent un rôle fondamental dans ce domaine, se désengagent de plus en plus, pour ne pas dire qu'ils quittent le terrain. Il faut qu'on trouve une solution.