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Derder Fathi · Nationalrat · 2017-09-18

Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2017-09-18

Wortprotokoll

Je ne vais pas être très long. Mon postulat, intitulé "Economie numérique. Identifier les emplois de demain et la manière de stimuler leur émergence en Suisse", vise à prolonger et à approfondir en quelque sorte le travail que fait déjà le Conseil fédéral. C'est la raison pour laquelle il soutient le postulat, qui va dans le sens d'une adaptation de nos lois et de nos conditions-cadres à la profonde révolution numérique que nous connaissons.

Je trouve assez intéressant d'arriver juste après le débat sur Booking.com, où l'on a pu réentendre que c'était une entreprise qui était arrivée en Suisse il y a plus de vingt ans - on parle de révolution numérique mais cela fait plus de vingt ans qu'elle est là. Or, nous n'avons toujours pas réussi à adopter des lois qui fassent l'unanimité et c'est un débat visiblement encore très sensible. Donc, il nous revient aujourd'hui d'éviter d'arriver dans vingt ans avec vingt ans de retard par rapport aux nouvelles révolutions qui sont en cours et qui sont autrement plus profondes que celles que des plates-formes comme Booking.com ont pu instaurer il y a vingt ans. Booking.com est simplement une plate-forme numérique, alors qu'aujourd'hui nous faisons face à des systèmes de traitement de données et à des modifications numériques qui transforment non seulement l'économie mais aussi, fondamentalement, la manière dont la société est construite. Cela constitue un certain nombre de menaces pour un certain nombre d'emplois et un certain nombre de métiers vont disparaître. On en parle souvent, on médiatise souvent cette problématique, à juste titre. Si des métiers disparaissent, c'est à l'Etat d'anticiper ces mutations, mais cela veut également dire que de nouveaux métiers vont émerger, que de nouvelles compétences doivent émerger et doivent être entretenues, notamment dans nos systèmes de formation.

Un des points les plus importants par rapport à cela, c'est tout ce qui a trait au traitement des données. On voit que certaines professions, telles que "data scientist", n'étaient absolument pas existantes il y a dix ou quinze ans dans l'inconscient ni dans le conscient collectif et qu'aujourd'hui une telle profession devient clairement une des professions principales, cruciales, dans lesquelles les hautes écoles doivent se positionner pour assurer un tissu économique vivant.

Donc, ce postulat devrait, entre autres, pour le traitement des données, par exemple, permettre, pour être très concret, d'identifier des priorités dans le domaine de la formation, que ce soit pour l'école obligatoire, l'enseignement du "computational thinking" et de tout ce qui a trait au numérique, pour la formation supérieure également, ainsi que la formation continue, bien entendu, qui est extrêmement touchée. Les carrières évoluant très rapidement, il faut donner aux personnes les moyens d'évoluer dans leur carrière en gardant des compétences pour rester actives sur le marché de l'emploi.

Donc, on le voit, on a tout un tas de domaines dans lesquels il faut identifier ces nouvelles professions et les manières de les encourager, non pas pour régler les problèmes passés - comme nous venons d'essayer de le faire pendant de longues minutes en traitant des plates-formes de réservation en ligne -, mais pour arriver à anticiper les mutations qui vont arriver d'ici vingt à trente ans et qui ouvrent de formidables perspectives. Si on parlait des menaces tout à l'heure, les opportunités, notamment dans le domaine de la santé et du traitement des données - pour les citer à nouveau - ouvrent des perspectives de thérapies totalement inestimables.

Je souligne en conclusion - parce que je sens que c'est un des arguments que soulèvera Monsieur Tuena, membre de l'UDC -, et le Conseil fédéral l'a bien précisé dans sa réponse, que je ne demande pas un rapport supplémentaire. Il n'y aura pas de rapport supplémentaire qui sera rédigé, mais il y aura, simplement, une attention à porter, de la part de l'administration et du Conseil fédéral, dans le cadre de la réponse qu'il a prévu de donner au postulat Reynard 15.3854, "Automatisation. Risques et opportunités", sur les opportunités qu'offre la digitalisation dans les domaines du marché de l'emploi et de la formation ainsi que sur les compétences nouvelles qu'elle permet d'encourager. Il n'y aura donc pas de rapport supplémentaire, mais un accent sera mis sur un domaine nouveau. Et j'insiste de nouveau sur ce point, à l'attention de Monsieur Tuena, parce que je sens que ce sera un des arguments qu'il soulèvera: je ne fais pas la demande d'un rapport supplémentaire, il n'y aura pas de travail en plus de l'administration, mais il s'agira simplement de mettre l'accent sur un domaine absolument essentiel pour l'avenir.

Pour toutes ces raisons, je vous demande d'accepter le postulat.