Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-09-25
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-09-25
Wortprotokoll
Le Conseil fédéral observe la situation au Yémen depuis longtemps et avec une grande préoccupation, tout particulièrement pour ce qui concerne la détérioration de la situation des droits de l'homme ainsi que les violations du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit armé. La Suisse participe activement aux négociations et plus exactement, c'est un point important, aux deux projets de résolutions sur la situation des droits de l'homme au Yémen. Il y a en effet deux projets qui sont actuellement présentés dans le cadre des travaux du Conseil des droits de l'homme, l'un par le groupe d'Etats d'Europe occidentale et autres Etats, l'autre par le groupe arabe. Le premier projet propose l'établissement d'une commission d'enquête internationale indépendante. Le second appelle au renforcement du mécanisme d'enquête national existant.
La Suisse promeut et soutient par principe toute mesure permettant de réduire l'impunité et donc de donner davantage de chance de retrouver une paix durable. Elle définit toutefois sa position dans chaque cas au moment où elle dispose du texte définitif de la résolution, ce qui n'est pas encore le cas ici. Pour être réellement efficace sur le terrain et en faveur des victimes, le moyen choisi pour enquêter doit être réellement bien soutenu au plan international et autant que possible par les parties concernées, bien évidemment.
Pour contribuer à une solution politique, la Suisse a accueilli à plusieurs reprises les parties au conflit armé et continue à mettre à disposition ses bons offices. Elle a condamné fermement les violations des droits de l'homme, ainsi que les violations du droit international humanitaire, y compris lors de sa déclaration au Conseil des droits de l'homme le 19 [PAGE 1523] septembre dernier, dans laquelle la Suisse a insisté sur la protection de la mission médicale, notamment au Yémen, et rappelé que ces attaques peuvent violer non seulement le droit international humanitaire, mais aussi le droit à la vie et le droit à la santé.
Le Yémen connaît une des famines les plus graves du monde. Dans ce contexte, la Suisse a augmenté les moyens humanitaires de 50 pour cent par rapport à l'année passée, soit de 9 à 14 millions de francs pour l'année en cours. De plus, elle a organisé le 25 avril dernier avec la Suède et les Nations Unies une conférence des donateurs à Genève, afin de mobiliser des moyens additionnels. Grâce à cette conférence, la communauté internationale a mis à disposition un montant total de 1,1 milliard de dollars afin de répondre aux besoins les plus urgents. Cette somme correspond à plus de la moitié de ce qui est nécessaire pour financer le plan d'urgence des Nations Unies.