Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-09-27
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-09-27
Wortprotokoll
Je pourrais les énumérer, si vous le voulez, Monsieur Tuena. Une série de médiations sont en cours - j'en ai une vingtaine à l'esprit, donc je ne vous propose pas de les traiter toutes -, dont une dont on parle assez peu qui concerne le Mozambique et une autre la Colombie, où nous présidons le groupe d'accompagnement pour les pourparlers de paix avec l'Armée de libération nationale (ELN). Dans ces deux cas, on ne parle pas de crises, parce que ces médiations permettent pour l'heure de les éviter - Dieu soit loué, il y en a assez ailleurs! Si ces médiations n'aboutissent pas, il y aura des crises de plus. Grâce à la Suisse, en grande partie dans un cas et en partie dans l'autre, on a réussi à les éviter.
La Suisse est liée aux processus de médiation engagés par l'ONU, pratiquement toujours de manière spécifique. Il n'y a pas beaucoup d'Etats, et je dirai même qu'il n'y en a pas d'autre que la Suisse, à même de régler des problèmes fondamentaux à l'origine des crises actuelles que vous connaissez bien: au Yémen, en Syrie, etc.
Nous avons développé des politiques de prévention partout. Quand on parle de l'eau comme source de paix et non de conflit, si on ne réussit pas, au Moyen-Orient, où il y a déjà assez de tensions, dans la région du Mékong par exemple, ou dans la région de l'Asie centrale, à faire en sorte que les différents pays qui s'opposent sur cette question, jusqu'à envisager la guerre à relativement brève échéance, s'entendent, si on ne réussit pas à renverser la situation, en termes de coopération, on aura un sérieux problème. Et qui fait le plus en la matière? C'est la Suisse, avec des partenaires, etc.
Nous avons décidé, grâce au Parlement, de doubler l'aide liée à la formation des jeunes dans les régions où il y a jusqu'à 70 pour cent de chômage des jeunes. Ce sont des situations explosives en termes de perspectives, que nous cherchons à retourner, des bombes à retardement que nous désamorçons, tout en essayant d'offrir, dans le cadre de la politique économique de développement, plus de possibilités de trouver un travail ou emploi sur place.
Nous travaillons depuis longtemps à conclure des partenariats migratoires un peu partout, non pas de manière à expulser simplement les cas problématiques qui vont revenir, mais de manière à traiter correctement des personnes qui peuvent aider leur pays à mieux fonctionner et à réduire les risques. Dans la région du Sahel, il y a plusieurs pays dont on ne parle que peu, comme le Burkina Faso par exemple, qui n'envoient pas du tout de réfugiés dans toutes les directions, grâce à l'aide de la Suisse qui y est fournie depuis longtemps.
Je pourrais continuer longtemps, mais je crois que je commence à vous lasser, donc je vous laisse simplement à vos réflexions et à vos responsabilités; c'est à vous de savoir ce que vous voulez faire de la Suisse demain.