Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-09-27
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-09-27
Wortprotokoll
Tout d'abord, nous n'avons pas interprété cette motion comme étant un procès d'intention. C'est une critique, certes forte, mais nous commençons à en avoir l'habitude. Par contre, ce qui était un peu gênant, c'est que son auteur avait repris tel quel un point de vue partisan - je ne parle pas de partis représentés au Parlement, mais d'un point de vue partisan dans la région. Une des grandes difficultés dans cette région, c'est justement de ne pas prendre parti et de continuer à travailler pour le bien général, pour la paix, pour vivre ensemble sans conflit, en présence de différentes tendances qui s'affrontent constamment depuis des années. Il faut y faire très attention: si on penche trop d'un côté ou de l'autre, alors on ne sert plus, à notre sens, l'intérêt général.
Il est évident que le département et le Conseil fédéral n'ont jamais voulu baisser la garde devant le risque d'être instrumentalisés par des mouvements qui cherchent à inciter encore plus à la haine. C'est exactement le contraire que l'on recherche. Il est évident aussi, il faut le reconnaître, que dans notre monde il est devenu extrêmement compliqué d'être au courant de tout ce qui se passe. Vous savez, on a même parfois des difficultés à croire des preuves visuelles, dans la mesure où tout peut être changé. Dans d'autres dossiers auxquels j'ai été associé étroitement, comme celui de l'observation en Ukraine, il est extrêmement difficile de savoir ce qui s'est passé à tel ou tel moment, par exemple quand des photos satellites montrent exactement le contraire que les preuves visuelles, pour un événement qui se passe à la même seconde. C'est comme cela, les choses sont telles que, aujourd'hui, on peut facilement manipuler et instrumentaliser l'aide.
C'est pour cela que nous sommes d'avis que la motion déposée par Monsieur Imark, dans sa première version, présentait un risque, mais que dans sa nouvelle version elle est la démonstration claire et nette du fait que nous devons, dans ce cadre, fournir les plus grands efforts pour éviter au maximum les risques d'abus. Je vous le dis très franchement: vous ferez encore face à l'avenir à des attitudes de ce genre, soit à des tentatives d'utiliser l'aide internationale à d'autres fins. Cela existe. Le monde est devenu beaucoup plus compliqué, essentiellement à cause des nouvelles technologies.