Page Pierre-André · Nationalrat · 2017-09-28
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-09-28
Wortprotokoll
A l'occasion de la votation populaire fédérale de dimanche dernier, le peuple suisse vient de donner son avis, de manière éclatante: avec près de 80 pour cent de oui, il soutient sa propre sécurité alimentaire. Celle-ci va donc être inscrite dans notre Constitution. La présente initiative populaire fédérale des Verts tombe donc comme un cheveu sur la soupe. J'ai écouté Monsieur Girod tout à l'heure, et je l'invite volontiers à visiter des exploitations agricoles qui travaillent aux conditions suisses. Ce serait intéressant.
Que l'on me comprenne bien: l'idée qui sous-tend l'initiative peut paraître séduisante, mais aujourd'hui, dans notre pays, tout existe déjà pour apporter des réponses pratiques aux préoccupations des Verts. Agriculteur, je le suis: j'ai le souci d'offrir au consommateur des produits de qualité et de proximité, et je m'y engage avec force, malgré les énormes difficultés financières rencontrées par la profession. Néanmoins, je ne soutiens pas l'initiative, et je vous donnerai brièvement deux ou trois raisons à cela.
Les exigences fixées par l'initiative, notamment quant aux conditions de production, sont telles qu'elles seront très difficiles à contrôler, surtout pour les importations, sans créer une masse de travail administratif qui serait totalement exagéré par rapport aux objectifs recherchés.
Sans compter que la mise en oeuvre de cette initiative pourrait grever notre budget fédéral - pensons à l'octroi de subventions supplémentaires ou à la diminution des recettes provenant des droits de douane.
Aujourd'hui déjà, la Confédération dispose d'outils performants et efficaces pour promouvoir une telle production agricole, acceptable socialement et écologiquement. En outre, la mise en oeuvre du texte signifierait certainement une augmentation des prix liée au travail administratif supplémentaire qui serait rendu nécessaire. De plus, de nombreux labels de qualité privés attestent du respect des normes suisses et garantissent au consommateur un choix des produits en toute connaissance de cause.
Voilà quelques raisons qui me poussent à ne pas apporter mon soutien à cette initiative, malgré son idée de base généreuse et pleine de bonne volonté. Mais tout ce qui brille n'est pas or, et je ne me laisserai pas séduire par cette idée verte à laquelle je donnerai un carton rouge. Je vous remercie d'en faire de même afin de ne pas créer au sein de notre administration fédérale une usine à gaz supplémentaire.
Appliquons-nous plutôt à réaliser concrètement la sécurité alimentaire plébiscitée le week-end dernier par nos concitoyens, puisque des éléments de la présente initiative ont été repris dans le compromis prévu par le contre-projet accepté dimanche. Cela devrait suffire à notre peine et surtout nous éviter l'indigestion.