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Cuche Fernand · Nationalrat · 2002-06-10

Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2002-06-10

Wortprotokoll

Mon intervention concerne les articles 25, 63, 63a et 133. Je n'interviendrai donc qu'une fois.

Les propositions de la minorité aux articles précités visent non pas à supprimer les tirs obligatoires, mais à supprimer l'obligation d'accomplir les tirs. Si vous lisez attentivement les propositions de la minorité, vous vous rendez compte qu'on peut continuer à organiser des tirs, pour autant que la participation soit volontaire, en collaboration avec l'administration militaire, une commune, un groupe de communes ou un district. Ceux-ci peuvent s'annoncer pour organiser des tirs qui pourraient être considérés comme des tirs sportifs ou peut-être des tirs de formation permanente.

La minorité s'est permis de présenter ces propositions parce que, du point de vue de la stratégie militaire, retourner chez soi avec un fusil d'assaut et une boîte de munition paraît totalement dépassé et désuet par rapport au risque que cela comporte. Il me semble qu'il serait beaucoup plus utile d'avoir un lance-missiles ou un bouclier sur sa maison ou son immeuble, vu l'analyse des risques nouveaux que nous avons faite. Je ne vois pas en quoi un fusil et une boîte de munition peuvent être utiles.

Nous y reviendrons à l'occasion de l'examen d'autres propositions, notamment de la proposition de minorité Vaudroz Jean-Claude (art. 112), mais le fait d'avoir une arme de service avec de la munition à la maison est risqué. En effet, dans notre société, des barrières mentales empêchent de recourir à une arme pour exprimer son désespoir et commettre des actes graves, mais ces barrières ont tendance à s'estomper. Il paraît judicieux aujourd'hui d'empêcher que X centaines de milliers de personnes puissent retourner chez elles avec un fusil d'assaut et de la munition, notamment avec une arme de service. La question se pose aussi pour les personnes qui arrivent en fin de carrière militaire et qui ont aussi la possibilité de conserver une arme à la maison.

Je sais que les propositions de minorité suscitent pas mal d'opposition, notamment sur le plan émotionnel. En effet, le tir militaire participe dans ce pays encore de l'identité nationale, notamment pour les hommes. Si nous avons passé assez rapidement du stade de chasseurs-cueilleurs à celui d'agriculteurs, à travers ces différentes mutations, nous n'avons pas abandonné l'arme, en particulier l'arme militaire. Les hommes de ce pays ont d'autres possibilités pour exprimer leur virilité et leur esprit de corps, je pense à la gymnastique que l'on pratique dans les sections locales de la Fédération suisse de gymnastique, au hornuss, aux fêtes fédérales de lutte, enfin à une quantité d'activités sportives et de délassement qui permettent aux Suisses de continuer à s'identifier à un pays qu'ils chérissent.

Voilà, j'espère que vous allez réserver un bon accueil aux propositions de la minorité.