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Berberat Didier · Ständerat · 2018-03-05

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-03-05

Wortprotokoll

Je partage les propos tenus par Messieurs Comte et Eder. Je pense qu'il faut laisser la SSR réfléchir, la laisser faire son programme d'économies. Je souhaiterais qu'on puisse avoir au moins une pause d'une semaine avant qu'il y ait une hyperactivité du Parlement. Je rappelle que les résultats sont connus depuis 26 ou 27 heures et, déjà, une myriade de personnes souhaitent tout modifier. Ne pourrait-on pas laisser la situation se stabiliser un tout petit moment avant de rediscuter et de tout remettre en cause alors même que le vote a été très clair? Faudra-t-il un refus à 95 pour cent de la prochaine initiative pour qu'on puisse calmer le jeu, en tout cas pendant une certaine période? Il serait bien de ne pas réfléchir "à chaud", mais "à froid", pour qu'on puisse aller de l'avant.

Ce qui m'intéresse, et c'est la raison pour laquelle je suis intervenu, c'est le sujet des fenêtres publicitaires étrangères. Madame la conseillère fédérale, vous le savez, j'étais déjà intervenu en 2011 et en 2017. La situation s'est nettement péjorée, puisqu'en 2010 la somme d'argent qui quittait la Suisse pour les fenêtres publicitaires des télévisions allemandes, françaises ou italiennes était de 200 millions de francs; en 2015, la somme est de 316 millions de francs, ce qui veut dire qu'il y a 73 pour cent d'augmentation. Dans l'avis du Conseil fédéral à l'interpellation Vonlanthen, il est dit que "42 pour cent des recettes publicitaires nettes partent à l'étranger". Elles partent vers des chaînes vampires, car elles font de la sous-enchère au niveau des tarifs. Parmi les entreprises qui s'orientent vers ce système, il y a les grands magasins, tels que Migros et Coop. Du point de vue de la défense de la place économique suisse, je trouve cela un peu limite de délaisser la SSR et les journaux. Il faut savoir que ces chaînes pompent de l'argent à la SSR ainsi qu'aux journaux et aux diffuseurs régionaux, parce que certains annonceurs qui diffusaient des publicités nationales dans les journaux ont, par exemple, choisi de les faire diffuser à des prix beaucoup plus bas, à des prix de dumping, sur des chaînes étrangères. Ces chaînes ne cherchent qu'une seule chose: attirer de l'argent du marché suisse sans s'occuper du tout de ce qui se passe en matière de culture et de politique suisses. Elles se moquent totalement de la Suisse; ce qui les intéresse, c'est l'argent de la Suisse.

J'aimerais savoir comment on peut procéder, dans la future loi sur les médias électroniques, pour faire en sorte que non seulement ce qui se passe sur Internet puisse être réglementé - je sais que c'est compliqué -, mais également ce qui se passe en matière de fenêtres publicitaires sur les chaînes étrangères - je sais aussi que c'est très compliqué, qu'il y a des accords européens -, car je pense qu'on devrait trouver une solution, parce que, sinon, c'est la mort de l'audiovisuel et de la presse suisses.