Mazzone Lisa · Nationalrat · 2018-03-07
Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2018-03-07
Wortprotokoll
Plus de 3000 personnes ont perdu la vie dans la Méditerranée l'an dernier. Comment s'appellent-elles? Elles s'appellent mort no 1, mort no 2, mort no 3 ... Il ne leur reste même plus d'identité. C'est de nouveau une mise à distance d'un drame humain si tragique qu'il en est à peine supportable. D'ailleurs, il se réduit - on l'a entendu aujourd'hui - à des discussions techniques et juridiques et ne va pas au-delà. C'est une mise à distance pour ne pas nous confronter à nos propres responsabilités et à la responsabilité de la politique d'asile qui est mise en place par l'Europe.
On pousse de hauts cris lorsqu'un dénommé Monsieur Trump parle d'un mur qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Mais que construit l'Europe? Une forteresse. Et, pour cela, elle investit et dépense des montants importants pour développer des technologies toujours plus élaborées. Avec quelles conséquences? Les pressions de l'Union européenne pour se barricader ont eu des conséquences dramatiques, par exemple en Italie, telles que des expulsions illégales et de mauvais traitements, qui s'apparentent à de la torture, comme l'a détaillé un rapport d'Amnesty International. Ce que nous vivons depuis plusieurs années, c'est une grave crise humanitaire. Les sommes destinées à la surveillance des frontières, avec force technologie, et à la coopération entre autorités d'asile et autorités répressives devraient être déployées plus intelligemment pour répondre à cette crise humanitaire.
La création de corridors légaux et sûrs, le soutien aux migrants et l'accueil de ceux-ci, voilà des investissements d'avenir qui permettent aux individus de se reconstruire. C'est comme cela que toutes ces personnes contribueront à notre vie en commun, à notre Etat social, à notre avenir. Droits humains et coopération au développement sont au coeur de notre politique étrangère. L'argent que nous investissons dans d'autres domaines intérieurs ne doit pas contredire cette orientation. L'expression qui est systématiquement employée dans ce projet est "solidarité avec les pays européens". Les Verts sont pour une solidarité, absolument, mais pas pour une solidarité dans une politique d'échec. Au contraire, c'est d'une solidarité globale, d'une solidarité entre humains que nous avons besoin.
Les Verts européens se sont opposés à la création de ce fonds. Les Verts suisses se sont opposés également à la ratification de ce développement de l'acquis de Schengen en décembre 2016. Ce nouvel objet découle du précédent, puisqu'il est sa mise en oeuvre financière et réglementaire.
Nous nous opposerons donc, à nouveau, à cette ratification et vous invitons à en faire de même.