Hêche Claude · Ständerat · 2018-03-12
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-03-12
Wortprotokoll
Dans la série "Service militaire contre service civil", le coup porté par la motion du jour sera-t-il fatal? On en retire l'impression qu'on est en tout cas à la veille d'une compétition entre eux, alors que tous deux sont destinés à servir le pays. En pénalisant ainsi le service civil, on cherche tout simplement à le dévaloriser en le considérant comme un demi-service. Je peux comprendre que certaines mesures soient prises pour calmer les inquiétudes des partisans du service militaire. Elles seront bientôt proposées par le Conseil fédéral. Pourquoi aller plus loin et porter ce coup que l'on peut considérer comme assez bas? Il serait plus judicieux de mener une réflexion plus approfondie sur le pourquoi de ce désamour du service militaire. Pénaliser injustement les personnes qui choisissent le service civil après avoir commencé l'école de recrues, c'est une victoire à la Pyrrhus en quelque sorte, une victoire sur le tapis vert.
L'école de recrues doit être attractive et séduire les jeunes par son intérêt et ce qu'elle peut apporter aux soldats et non pas les garder uniquement parce que changer de voie devient un sacrifice personnel. Il faut gagner sur le terrain. Le sens, l'attractivité, voilà des sujets de réflexion pour notre armée qui doit se poser des questions sur le fait que de nombreux jeunes préfèrent déjà rallonger leur temps de service pour effectuer des missions dans des homes, des hôpitaux ou encore chez des agriculteurs de montagne. Une solution qui n'est pas, et de loin, celle de la facilité, mais qui apporte un certain nombre de satisfactions personnelles et offre un service à la société.
Petit rappel: plusieurs mesures ont déjà été prises pour diminuer l'attrait du service civil, et ce malgré le handicap de la preuve par l'acte, et d'autres sont en préparation. Vous les connaissez. Vous savez ainsi qu'un projet de révision de loi sur le service civil est prévu pour cet automne. Mais cela ne suffit pas à rassurer et, comme l'a indiqué le rapporteur, Monsieur Kuprecht, le Conseil fédéral nous proposera prochainement un catalogue de mesures supplémentaires. Sans annoncer d'objectifs chiffrés, le Conseil fédéral veut "réduire substantiellement les admissions au service civil". Ce projet doit notamment prévoir un nombre minimum de 150 jours de service civil à accomplir et un délai d'attente de douze mois pour les militaires déposant une demande d'admission après l'école de recrues.
Un avant-projet de révision de la loi sur le service civil est donc prévu pour l'automne, en vue d'être envoyé en consultation, afin qu'un projet accompagné d'un message soit remis aux Chambres fédérales aux alentours de mars 2019. Que faut-il de plus pour être rassuré? Cette nouvelle proposition pourrait, mais je n'y suis pas favorable, être intégrée à la réflexion ou alors être rejetée directement. Mais prolonger le délai de traitement de la motion n'a pas de sens.
Dans l'esprit aussi de certains parlementaires, il y a encore et toujours la croyance que le service civil serait un choix de confort, la voie de la simplicité. Pensez-vous vraiment que s'occuper de personnes âgées, de personnes en difficulté ou de personnes en situation de handicap, c'est choisir la facilité? La valeur de l'engagement dans le service civil mérite-t-elle d'être divisée par deux par rapport à l'investissement d'un militaire? Pour assurer des effectifs suffisants à l'armée, la fin ne justifie pas tous les moyens. Rendez-vous compte du signal que l'on envoie aux personnes qui auraient envie de s'investir pour notre pays mais par le service civil plutôt que par le service militaire. Cela revient à leur dire que ce sont des "demi-portions", des "moitiés de soldat". C'est quelque part un manque de respect envers celles et ceux qui remplissent déjà les conditions de la preuve par l'acte. [PAGE 170]
Pour ces quelques raisons, je vous invite à soutenir la proposition de la minorité.