Lexipedia

Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2018-03-15

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2018-03-15

Wortprotokoll

Comme point de départ du développement de ma motion, qui n'a rien à voir avec de la "Symbolpolitik", j'ai cité le Musée des civilisations de l'islam de La Chaux-de-Fonds. Cela n'était toutefois qu'un exemple, car il est notoire que nombre de lieux de culte et autres centres musulmans en tous genres sont financés directement ou au moins indirectement par des Etats, en particulier certains pays du Golfe et la Turquie, dont on a déjà parlé un peu plus tôt aujourd'hui. Ce sont des Etats qui, tout aussi notoirement, soit soutiennent des groupes terroristes ou sont fortement soupçonnés de le faire par la communauté internationale, soit ne respectent pas les droits de l'homme, soit les deux à la fois. Le problème, c'est que nous avons affaire là à une forme d'ingérence d'Etats étrangers qui, en cherchant à propager chez nous un islam fondamentaliste et politique, mettent en danger la cohésion et l'identité de notre pays en favorisant le développement du communautarisme.

Le Conseil fédéral, il l'écrit dans son avis, "est conscient des risques que l'extrémisme religieux fait peser sur la sécurité intérieure et la paix religieuse en Suisse". C'est bien; c'est la preuve que la problématique soulevée par ma motion est bien réelle, sauf à relever qu'en appréhendant cette problématique sous un angle uniquement religieux, le Conseil fédéral sous-estime ce qui en fait le danger. Car l'islam n'est pas juste une religion, mais c'est une religion politique doublée d'un système juridique qui a vocation à remplacer nos règles - qu'il ne reconnaît pas - par celles de la charia.

Le Conseil fédéral reconnaît en outre qu'il n'existe pas, aujourd'hui, "de base légale permettant de répertorier d'une façon régulière et systématique les sources de financement des communautés religieuses". Il évoque bien la loi fédérale sur le renseignement civil, mais relève aussitôt à quel point ses conditions d'application restrictives sont inadaptées pour combattre cette forme d'ingérence d'Etats étrangers. Pour le surplus, le Conseil fédéral botte en touche et passe, si j'ose dire, la patate chaude aux cantons, qui ont à leur disposition encore moins de moyens légaux que la Confédération.

Le Conseil fédéral craint que le mécanisme d'identification et de contrôle proposé puisse être contourné. Mais, face à un problème bien réel, devons-nous renoncer, baisser les bras, juste parce que c'est difficile? Devons-nous rester les bras croisés face aux manoeuvres de certains Etats dont je relève qu'ils sont régulièrement épinglés dans cette salle, par la gauche notamment, parce qu'ils soutiennent des groupes terroristes ou violent les droits de l'homme?

Le Conseil fédéral craint que l'on entretienne un soupçon généralisé à l'égard des communautés musulmanes. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce dont il s'agit, c'est de transparence en matière financière. On n'arrête pas de parler de transparence, pourquoi ce principe ne devrait-il pas valoir aussi dans ce domaine? Il s'agit aussi et surtout, je le répète, d'influence, [PAGE 499] d'ingérence même d'Etats étrangers dans nos affaires intérieures, donc d'une question de souveraineté.

C'est en définitive une question de sécurité. Le Conseil fédéral le reconnaît finalement: en l'état, l'arsenal législatif en vigueur est insuffisant. Je demande juste qu'il soit complété pour nous permettre de nous protéger, vraiment, contre ces ingérences étrangères.

Voilà pourquoi je vous propose d'accepter cette motion.