Polla Barbara · Nationalrat · 1999-12-09
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 1999-12-09
Wortprotokoll
Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports est paradoxalement à la fois le plus important et celui sur lequel on a fait peser le plus lourdement les économies au cours de cette dernière décennie. Le plus important d'abord, car assurer la sécurité des citoyens est bien le premier rôle de l'Etat; le plus important, aussi, parce qu'il joue un rôle essentiel dans notre modeste contribution à la paix dans le monde.
Ceux qui voudraient promouvoir des emplois civils plutôt que militaires ou détourner les fonds de la défense en faveur de la paix devraient examiner d'un peu plus près le programme du DDPS. Le service civil y est en développement; le programme de sécurité par la coopération met en oeuvre une promotion accrue de la paix, notamment par l'intermédiaire de notre participation aux programmes du Partenariat pour la paix, mais aussi par l'intermédiaire de la Swisscoy par exemple. Que fait la Swisscoy si ce n'est oeuvrer pour la paix? Elle contribue à la construction de camps, au traitement de l'eau, à des missions de génie civil ou de traitements médicaux. Toutes ces interventions effectuées à l'étranger respectent parfaitement notre neutralité. Défense nationale et sécurité efficace, d'une part, et politique de la paix, d'autre part, vont donc bien main dans la main, et non pas dos contre dos.
Prenons maintenant l'aspect financier. Le DDPS aura économisé, comme cela a déjà été dit, 9 milliards de francs de 1991 à 2001, et il va encore économiser 1,1 milliard de francs dans les trois ans qui viennent. De 1987 à 2002, son budget aura diminué de 28 pour cent, alors qu'il est prévu que celui de la Confédération augmente de 37 pour cent pendant la même période. Cela suffit! Plutôt que d'envisager de diminuer encore ces budgets, ceux qui veulent économiser, et dont nous faisons bien sûr partie, feraient mieux de tourner leurs yeux et leur calculette ailleurs, vers d'autres départements.
Les citoyens de ce pays veulent être bien protégés, et ils en ont le droit. Ils ont le droit d'être bien protégés dans tous les sens du terme et dans tous les domaines, y compris lors des catastrophes naturelles - un terrain sur lequel notre armée s'est beaucoup engagée ces dernières années; protégés aussi contre la complexité des nouvelles menaces qui remettent en cause notre sécurité antérieure, menaces particulièrement bien décrites dans le rapport de la commission Brunner et dans le "Rapolsec 2000", comme le soulignait déjà M. Guisan. Pour répondre aux attentes bien légitimes de nos concitoyens, il y aurait lieu en fait de déposer des initiatives allant en sens contraire de celle-ci, et de redonner au DDPS les pleins moyens de sa politique de sécurité, de promotion de la paix et de formation.
Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore détaillées, par les rapporteurs de la commission, je vous invite à rejeter cette initiative populaire, que je m'engage à combattre aussi, et farouchement! sur le terrain cantonal, à Genève, qui justement a pu bénéficier cette année encore d'un engagement remarquable de l'armée dans la défense de ses ambassades notamment.