Beck Serge · Nationalrat · 2002-06-20
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2002-06-20
Wortprotokoll
Je décline également mes intérêts: je suis président de la Fédération romande pour l'énergie, qui groupe des producteurs, des distributeurs et des consommateurs d'énergie. Pour ces derniers, pour les consommateurs, quelles sont les solutions - immédiates ou même à terme - de substitution pour 40 pour cent de leur consommation qui provient de l'énergie électrique d'origine nucléaire?
Les opposants ont beau brasser de l'air comme les hélices qu'ils défendent, cela ne produit pas un seul kilowattheure supplémentaire. L'économie et les citoyens de notre pays ne peuvent se permettre d'être en rupture d'approvisionnement. Une vision responsable postule que nous n'arrêtions pas par confort moral égoïste nos centrales nucléaires pour importer, par le réseau maillé européen, de l'énergie produite ailleurs dans des conditions environnementales que nous ne maîtrisons pas et que nous ne connaissons pas, en particulier dans les pays de l'Est.
En parlant de réseau, constatons également qu'il n'y a plus d'autonomie cantonale en matière d'approvisionnement en énergie. Tous les cantons sont interdépendants et solidaires pour l'approvisionnement en énergie, comme ils doivent l'être pour le traitement des déchets qui en découlent. Il convient donc que ceux qui s'assoient généralement sur le fédéralisme pour développer une vision centralisée de la société ne ressortent pas cet argument dans un contexte pratique qui démontre la globalité du problème.
L'énergie nucléaire, plus précisément la fission nucléaire, n'est certes pas idéale et je le reconnais avec un certain nombre de préopinants, mais elle présente, face à l'augmentation de la charge en CO2 sur l'environnement, une solution de transition parfaitement orientée dans le sens du développement durable. En attendant le développement prometteur de la fusion nucléaire, de la géothermie ou d'autres énergies renouvelables, il est indispensable d'assumer de manière responsable l'approvisionnement de notre pays.
Quant au traitement des déchets, eh bien là, je peux rejoindre M. Wiederkehr quant à l'incapacité de certains pays de l'Est à gérer les déchets nucléaires, et la loi prend un certain nombre de dispositions qui doivent nous empêcher de procéder à des exportations irresponsables. Mais en allant plus loin, il convient de constater que la technologie de gestion des déchets est maîtrisée techniquement. Il n'y a qu'à voir ce que réalisent les pays nordiques qui ont déjà en activité des dépôts pour déchets de faible et de moyenne radioactivité et qui sont à bout touchant avec les technologies des dépôts de déchets pour la haute radioactivité. Mais cette technologie n'est pas maîtrisée politiquement parce que certains, et certains parmi nous, jouent sur les angoisses, sur les clichés et les caricatures en brandissant des épouvantails comme Tchernobyl, alors que justement, par les positions politiques qu'ils défendent, ils vont nous contraindre, dans 10, 15 ou 20 ans, à recourir peut-être à l'approvisionnement en provenance de centrales nucléaires qui présentent des dangers.
Une attitude responsable de notre pays, c'est d'assumer la production qui lui est nécessaire dans la plus ample mesure possible et surtout, de traiter ici les déchets nucléaires. Or, force est de constater que ceux qui s'opposent aujourd'hui à l'exploitation des centrales sont également ceux qui s'opposent à la construction de dépôts de déchets nucléaires chez nous et qui politiquement font tout pour la retarder et, par conséquent, ceux qui, par une attitude irresponsable, font encourir à notre environnement davantage de risques.
Je ne peux que vous inviter à rejeter les deux initiatives populaires et à adopter le projet de loi tel que retenu par la commission.