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preparatory:AB 234074

Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2018-09-13

Wortprotokoll

La mesure: c'est la notion qui manque à la fois dans notre Commission de la politique de sécurité et ici, quand on parle d'armée. Depuis trois ans, en commission, on perçoit que la majorité formée par les représentants des groupes libéral-radical et UDC se sent dans une position confortable, qu'elle prend ses aises et, surtout, qu'elle remet peu en question les propositions qui sont faites par l'armée. A ce titre, je regrette que cette orientation consistant à dire "oui, amen" continue d'entraîner des dépenses importantes, des dépenses qui pèsent sur le budget.

Ce qu'il faut dire aujourd'hui, c'est qu'il s'agit d'un message sur l'armée "de répit": on recule pour mieux sauter. En effet, d'énormes investissements sont prévus dans les années à venir. Ils porteront sur de nombreux systèmes au sol, qui seront remplacés, soit sur l'artillerie, les chars de grenadiers, les chars de combat, ainsi que sur les avions de combat et le système de défense sol-air. Ce sont des milliards et des milliards de francs de dépenses qui sont prévus. Au lieu de nous dire que nous pourrions économiser un peu pour mieux dépenser par la suite - enfin, on peut toujours discuter de la nécessité de mieux dépenser par la suite -, au lieu d'opter pour une démarche de prévision, c'est-à-dire de prévoir l'avenir en épargnant un peu pour la suite, on fait les fonds de tiroir pour trouver des investissements, histoire de ne pas avoir, pour une fois, un message sur l'armée qui soit un tout petit peu moins lourd.

On a le sentiment qu'il y a deux poids, deux mesures dans les politiques publiques, puisque, en effet, dans de nombreuses politiques publiques, on cherche à diminuer le montant des dépenses alors que, dans cette politique publique là, celle de l'armée, on a plutôt l'impression qu'on cherche à augmenter les dépenses. Pour nous, c'est faire fausse route parce que cela ne répond pas aux priorités de la Suisse, aux priorités pour la sécurité de nos concitoyennes et de nos concitoyens, des habitantes et des habitants. En effet, alors que la Suisse n'a pas d'ennemi identifié - cela a encore été dit dans le rapport sur la politique de sécurité -, dépenser des sommes de cet ordre n'est pas faire le choix de l'avenir, alors que nous sommes confrontés à des enjeux beaucoup plus importants en termes, notamment, de sécurité sociale.

Dans ce message, le Conseil fédéral demande au Parlement trois crédits d'ensemble d'un montant de plus de deux milliards de francs. Trois points sont à relever dans ce message.

Premièrement, concernant la protection corporelle balistique du nouveau système d'habillement - nous avons eu l'occasion d'en discuter -, elle est non seulement prévue pour tous les membres de l'armée, mais également pour créer une réserve; en effet, il s'agit de l'acquisition de 115[NB]000 vestes. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet, mais je crois que cela pose des questions. Est-ce que tous les membres de l'armée ont réellement besoin d'une telle veste? Lorsque vous êtes derrière les fourneaux, avez-vous réellement besoin d'une veste avec protection balistique pour parer à des tirs de fusils d'assaut? Le fait que des personnes protégeant des infrastructures critiques aient cette veste n'est pas remis en question. Par contre, le fait que la personne qui est derrière un ordinateur en train de faire des opérations de logistique ait cette veste, oui, cela pose un problème de [PAGE 1337] mesure. Même les corps de police n'ont pas, pour tous leurs membres, une veste de ce type.

Le deuxième point concerne les études onéreuses pour renouveler les systèmes. Je l'ai déjà dit, c'est un message de répit afin de prendre de l'élan pour mieux sauter. Dans ce message, il y a des études pour les acquisitions à venir dans les domaines de la protection aérienne et de l'artillerie. L'armée voit encore des risques d'attaques au sol traditionnelles comme risques probables; l'armée pense encore aujourd'hui que, pour la Suisse, qui est entourée de pays amis, le risque le plus grand est une attaque aérienne, puisqu'elle prévoit notamment d'acheter des avions de combat.

Troisièmement, il y a les munitions. Nous aurons aussi l'occasion de revenir sur ce sujet. Beaucoup d'argent a été engagé l'année dernière pour renouveler nos réserves de munitions. Dans le message, des achats très importants sont à nouveau prévus: les achats de munitions prévus sont plus élevés que ceux de 2016 et de 2017. Le volume de ces munitions nous semble exagéré.

Heureusement, ce message donnera l'occasion de mettre hors service des systèmes dépassés. Certes, cela a un coût, mais à quoi bon garder des systèmes dépassés qu'on n'utilisera plus? Pourquoi former des gens à des techniques qu'on n'utilisera plus? En ce sens, cela vaut la peine de dépenser des montants pour mettre hors service ces systèmes.

C'est un bref aperçu du message sur l'armée. Nous nous exprimerons encore lors de la discussion par article.