Lexipedia

Parmelin Guy · Bundesrat · 2018-09-13

Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2018-09-13

Wortprotokoll

La proposition Grüter n'a pas été discutée en commission, mais je tiens à m'exprimer au nom du Conseil fédéral sur cet aspect.

Le Conseil fédéral vous demande de mettre hors service l'artillerie de forteresse. Cette dernière date majoritairement de la Guerre froide et, compte tenu de l'évolution des menaces, elle a perdu en importance d'un point de vue militaire.

Comme vous le savez, les lance-mines de forteresse sont obsolètes, et l'armée, surtout, ne dispose plus des troupes requises pour leur maniement. Ce sont notamment les systèmes de direction des feux et de transmission qui sont dépassés. En outre, les positions de barrage ne sont plus fonctionnelles et ont été, en partie, démantelées. Et sans position de barrage, les troupes adverses ne peuvent plus être stoppées et combattues au moyen des lance-mines de forteresse.

Des investissements substantiels seraient nécessaires pour rendre les lance-mines de forteresse à nouveau opérationnels. De plus, l'armée ne dispose plus de troupes de forteresse depuis 2011. En effet, ses effectifs ont diminué depuis les différentes réformes entreprises. Il faut bien comprendre que nous sommes passés d'environ 600[NB]000 à 100[NB]000 hommes, et l'armée a dû fixer des priorités en la matière. L'armée a examiné différentes variantes, mais les a toutes rejetées.

Elle a notamment étudié la possibilité, Monsieur Grüter, de garder l'artillerie de forteresse à un niveau de disponibilité inférieur, mais, pour mettre en oeuvre cette variante, un investissement de 50 millions de francs serait nécessaire. Cela permettrait de conserver certes des lance-mines de forteresse, mais ils resteraient de toute façon inefficaces. On pourrait tout au plus préserver le savoir-faire, mais, pour engager à nouveau, de manière efficace, ces lance-mines de forteresse, il faudrait procéder à des investissements ultérieurs considérables.

Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral vous demande de rejeter la proposition Grüter et d'accepter l'arrêté tel qu'il est prévu.

Et j'aimerais, en conclusion, vous rendre encore attentifs à un point. L'armée, je l'ai dit, doit fixer des priorités. Nous[NB]sommes en train d'analyser soigneusement les besoins - et cela a été demandé par plusieurs membres du Parlement -, d'identifier les domaines où nous devons investir, là où cela est efficace. Et ces prochaines années, je serai certainement amené à vous présenter à nouveau la liste des priorités pour, peut-être, parfois abandonner ou réduire des investissements dans certains secteurs. Si, dès aujourd'hui, on remet en question un aspect, qui, sur le plan militaire, est clairement reconnu comme n'étant pas nécessaire, nous aurons beaucoup de difficulté à atteindre les buts que vous-mêmes, parlementaires, vous vous êtes fixés pour plus d'économies et une meilleure implication des moyens financiers.