Reynard Mathias · Nationalrat · 2018-09-20
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-09-20
Wortprotokoll
La Confédération, les cantons et les communes doivent répondre aux défis de l'intégration des réfugiés dans notre pays. Cette intégration pour les jeunes réfugiés passe essentiellement par la formation, la formation par la scolarité obligatoire, essentiellement en main des cantons, la formation professionnelle également et les autres formations du secondaire, avec éventuellement aussi les hautes écoles de notre pays.
L'accès des réfugiés au système de formation est évidemment nécessaire pour permettre une intégration réussie dans la société et sur le marché du travail. Cet accès reste malheureusement aujourd'hui très difficile. En effet, nombre de réfugiés déjà présents en Suisse sont confrontés à des obstacles de type linguistique, mais surtout à des obstacles de type administratif insurmontables, qui ne leur permettent pas de réaliser, de poursuivre, la formation de leur choix. On peut penser aux preuves à amener lors de la procédure d'admission, à des équivalences de diplômes, à la facilitation de la mobilité intercantonale pour ces personnes à statut particulier, ou encore aux examens complémentaires dans les hautes écoles qui ne sont pas toujours adaptés à ces profils.
Le Conseil fédéral a reconnu à de nombreuses reprises l'importance d'intégrer les réfugiés reconnus, les personnes admises à titre provisoire, à la fois sur le plan social et économique. Mais les mesures concrètes, depuis plusieurs années, restent très maigres et très disparates.
Les cantons sont bien souvent submergés par les problématiques qui se posent en termes d'intégration dans la scolarité obligatoire. Ils peinent à faire face en termes de ressources concrètes. La Confédération, en dehors de quelques petites mesures au niveau de la formation professionnelle, préfère se cacher derrière l'autonomie des hautes écoles pour éviter [PAGE 1501] de prendre position. On se retrouve donc avec des mesures extrêmement disparates, limitées et individuelles. Quelques projets pilotes peuvent être salués, comme celui de l'Université de Genève concernant l'intégration des réfugiés, mais cela reste des mesures disparates.
Les acteurs, que ce soient les professionnels du domaine de la formation, les hautes écoles ou les cantons, attendent une action commune et rapide, qui se justifie aujourd'hui vu les problématiques rencontrées dans les différents domaines. Il apparaît donc nécessaire de dépasser les contradictions existantes au niveau de l'autonomie des hautes écoles.
Par ma motion, je demande l'organisation d'une conférence nationale urgente portant sur l'accès à la formation pour les réfugiés. Cette conférence permettrait de rassembler l'ensemble des acteurs - cantons, hautes écoles, professionnels de l'intégration et professionnels de l'information et de la formation professionnelle - afin de favoriser l'adoption de mesures communes.