Parmelin Guy · Bundesrat · 2018-09-26
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2018-09-26
Wortprotokoll
Monsieur Sommaruga souhaiterait que les dépenses de l'armée soient réduites et plafonnées dès 2021 à 4 milliards de francs par an, pour libérer des fonds qui devraient permettre des investissements dans des domaines tels que la promotion internationale de la paix ou la coopération au développement. L'auteur de la motion y voit aussi une possibilité d'augmenter la sécurité de la Suisse.
Aller dans ce sens équivaudrait à se détourner radicalement de notre politique de sécurité actuelle. Cela déboucherait sur une importante redistribution des moyens qui seraient davantage consacrés à des activités internationales civiles qu'à l'armée. Celle-ci s'en trouverait considérablement affaiblie en raison de la réduction substantielle de ses ressources. En outre, et c'est important, la réforme en cours, le DEVA, et le renouvellement des moyens ne seraient plus réalisables.
Un changement aussi radical irait à l'encontre de toutes les décisions que le Conseil fédéral et le Parlement ont prises ces dernières années, à l'issue de débats très longs et animés. Je vous rappelle qu'il a fallu un certain nombre d'années pour en arriver à la mise en oeuvre du développement de l'armée, le DEVA. Nous sommes maintenant dans la phase de mise en oeuvre, qui durera cinq ans.
Avec cette motion, tout serait remis en question. On aurait une politique de sécurité, mais naturellement très différente de celle décidée ici-même, au Parlement. Je rappelle que le peuple n'a pas saisi le référendum dans le cadre du DEVA.
L'armée a besoin de faire des investissements, en partie aussi de rattrapage, pour assurer ses prestations, pour renouveler son matériel et pour faire finalement ce qu'on attend d'elle, que ce soit au bénéfice des autorités civiles, que ce soit pour la sécurité. Tout ceci a un prix et engendre des coûts. Actuellement, nous sommes en train d'adapter pas à pas ce qu'il faut comme moyens en termes de modernisation et de renouvellement du matériel, et, je le précise bien, là où c'est nécessaire uniquement.
L'augmentation du plafond de dépenses décidée par le Conseil fédéral et le Parlement est absolument indispensable. Je répète que, du point de vue de la politique de sécurité, changer complètement de cap au milieu d'une révision qui a fait l'objet d'une réflexion approfondie, et qui est aujourd'hui pleinement d'actualité quand on regarde quelle est la situation sur le plan international, serait un non-sens. D'ailleurs, la Suisse n'engage pas des dépenses pour son armée sans regarder ce qui se passe chez ses voisins. Vous avez eu l'occasion de vous rendre compte que nous réfléchissons, par exemple, à des accords de protection aérienne avec les Etats voisins. Nous essayons d'envisager le maximum de coopération possible.
Là où c'est nécessaire et où nous estimons que nous devons être présents - je pense au niveau international, à notre engagement au Kosovo par exemple -, le Parlement, à la demande du Conseil fédéral, a confirmé cette politique. Nous suivons attentivement l'évolution de la situation. Nous n'investissons pas de façon irréfléchie de l'argent dans des systèmes de l'armée. Nous n'allons pas remplacer un pour un des systèmes qui arrivent en fin de vie. Nous sommes perpétuellement en train d'analyser le niveau de la menace et d'adapter les moyens à investir à cette fin, de façon à ce que nos soldats aient les moyens de réaliser leur mission en disposant d'un équipement adapté et que nous puissions coller au plus près de la réalité sur le plan international.
Je vous propose donc, en considérant ce que je viens de dire, de rejeter la motion Sommaruga Carlo, qui serait néfaste pour notre politique de sécurité et qui irait surtout à l'encontre de ce que vous avez décidé.