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Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · CVP-Fraktion · 2018-11-26

Wortprotokoll

Chères et chers collègues, je vous remercie de la confiance que vous venez de m'accorder, en m'élisant à la présidence de notre conseil. Le grand honneur et le privilège que vous me témoignez aujourd'hui rejaillissent sur mon très cher canton du Valais, sur ma famille, sur mes amis, sur mon groupe politique et, je le souhaite, évidemment, sur chacune et sur chacun d'entre vous.

Je me réjouis déjà, chères et chers collègues, à l'idée de notre franche et constructive collaboration tout au long de l'année à venir. Je prends également la mesure de la responsabilité qui m'incombe de conduire les délibérations de notre chambre. Je veillerai, à l'instar de mes illustres prédécesseurs, à ce que le respect mutuel et l'écoute de l'autre imprègnent les débats et donnent toujours à notre conseil une capacité reconnue de proposer des solutions mesurées, à la fois pragmatiques et consensuelles.

Geschätzte Kolleginnen und Kollegen, ich danke Ihnen für die Wahl und für Ihr Vertrauen. Ich freue mich, in meinem neuen Amt mit Ihnen zusammenzuarbeiten, und werde mein Bestes geben, um an die effiziente Arbeit meiner Vorgängerin, Ständeratspräsidentin Karin Keller-Sutter, anzuknüpfen. Ich möchte ihr an dieser Stelle für ihren Einsatz für die Schweiz und für den Ständerat danken!

Grazie mille di avermi eletto presidente! Sono contento per questo nuovo incarico e mi impegnerò a soddisfare al meglio le vostre aspettative.

Je tiens à exprimer mes sincères remerciements à mon épouse Birgit et à mes six enfants, tous présents, qui m'ont toujours entouré de leur affection et apporté leur soutien au fil des ans. Je leur dois d'avoir pu et de pouvoir encore mener une vie politique engagée, d'abord au niveau cantonal, puis au niveau fédéral. Ils ont souvent dû renoncer à ma présence et il en sera de même encore, aussi pour mes petits-enfants, durant l'année qui s'annonce.

Je tiens également à remercier mes amis de longue date qui, au-delà des appartenances partisanes, n'ont eu de cesse de me vouloir du bien et qui sont venus aujourd'hui à Berne vivre avec nous le moment si particulier de ces élections.

Je salue le Haut Conseil d'Etat du canton du Valais in corpore, emmené par Madame Esther Waeber-Kalbermatten, [PAGE 809] présidente du gouvernement. Je salue également Madame Anne-Marie Sauthier-Luyet, présidente du Grand Conseil, et son vice-président, Monsieur Gilles Martin, ainsi que les autorités de ma ville de Sion, conduites par Monsieur le président Philippe Varone. Votre présence et votre soutien m'honorent.

C'est aussi un plaisir pour moi de saluer à la tribune mon prédécesseur, représentant du canton du Valais à la Chambre haute, Monsieur l'ancien conseiller aux Etats Simon Epiney, un Anniviard "pure souche", qui a si bien su promouvoir les intérêts et les atouts du Valais et contribuer au rayonnement de l'esprit confédéral dans notre pays.

C'est un message de gratitude appuyé que je veux adresser en ce jour à notre présidente sortante Karin Keller-Sutter. Souveraine dans le délicat exercice de la conduite de nos sessions, elle a réussi brillamment à maintenir le difficile équilibre entre la rigueur nécessaire pour éviter les longs débats stériles et la souplesse utile à l'épanouissement de la saine réflexion qui caractérise la Chambre haute. (Un bébé se fait entendre dans les tribunes; hilarité)

Unsere Präsidentin war sowohl unter der Bundeshauskuppel als auch vor den Medien und an den wichtigen Treffen auf internationalem Parkett voll in ihrem Element. Liebe Karin, ich danke dir, auch im Namen deiner Kolleginnen und Kollegen des Ständeratsbüros, für dieses bereichernde Jahr an deiner Seite. Deine Erfahrung und deine Einschätzungen werden uns im Büro fehlen.

Liebe Kolleginnen und Kollegen, wir alle hier im Saal wissen, dass unsere scheidende Präsidentin eines nicht ausstehen kann: wenn es Durchzug gibt. (Heiterkeit) Doch genau einen solchen Durchzug dürfte es hier im Ständerat in Kürze geben, wenn du, liebe Karin, uns verlässt, um dich anderen Aufgaben zu widmen. Vielen Dank und viel Erfolg, bon vent, Karin, Frau Präsidentin! (Beifall)

Je ne faillirai pas à la tradition qui veut que le président nouvellement élu du Conseil des Etats consacre le coeur de sa première intervention à l'éloge de la démocratie directe, de la diversité de la Suisse et des vertus de son fédéralisme.

Parlons démocratie directe, et permettez-moi, sans fausse modestie, de citer mon canton en exemple. Le canton du Valais a connu, ce dernier week-end, un moment très intense de démocratie directe. Certes, il n'est que le 24e canton suisse à décider de réviser sa Constitution, mais il est le seul à l'avoir fait à la suite d'une initiative populaire cantonale qui est issue d'aucun parti et qui restera dans l'histoire comme le résultat d'une démarche citoyenne, véritable démonstration de démocratie directe.

L'intérêt des Valaisannes et des Valaisans pour ce défi politique et démocratique ambitieux qu'est la révision de la charte fondamentale cantonale se confirme de façon spectaculaire au travers des 645 candidates et candidats à l'Assemblée constituante, qui ne compte pourtant que 130 sièges. Cela démontre, une fois de plus, l'engouement des Valaisannes et des Valaisans pour la chose publique, et il faut se réjouir de cette démocratie vivante.

Reste que la révision d'une constitution est un travail de longue haleine, que les écueils sont nombreux et que la réussite n'est pas toujours au rendez-vous. Mais je choisis ici, avec volonté, l'optimisme d'Edmond Constant: "En croyant à des fleurs, souvent on les fait naître." L'Assemblée constituante a maintenant quatre ans pour faire naître ces fleurs. Du fond du coeur, pour le Valais et pour notre Confédération, je lui souhaite de réussir par-delà nos différences, par-delà nos convictions politiques. La démocratie respecte les différences tout en les unissant dans l'appartenance à une même communauté de destin.

L'amélioration des infrastructures, des moyens de transport et de communication raccourcit les distances. La numérisation de l'économie et de la société gomme le temps et nous précipite dans l'immédiateté. La mondialisation des problèmes, notamment environnementaux, appelle des solutions aussi vigoureuses que globales. Tous ces développements agissent comme de puissants moteurs de centralisation. Dans cette accélération échevelée et pas toujours bien maîtrisée, il est à prévoir que nos Etats cantonaux auront toujours plus de peine à faire valoir non seulement leur diversité et leurs particularités, mais également leur autorité et leur souveraineté.

Pourtant, je reste convaincu que notre fédéralisme nous donne l'opportunité de transformer nos différences et notre diversité en autant d'atouts et qu'il demeure une des valeurs fondatrices et essentielles du génie suisse - génie suisse qui participe grandement à notre légendaire stabilité politique et à notre enviée prospérité économique. Il vaut la peine de prendre soin du fédéralisme "à la mode helvétique". Cela ne va pas de soi.

Dans notre environnement où l'unique constante est le changement, s'il fallait donner un seul exemple de la difficulté à atteindre l'équilibre fragile qui consiste à centraliser le nécessaire et à décentraliser le possible, le Valaisan que je suis ne peut s'abstenir de citer la loi fédérale sur l'aménagement du territoire. Dans la nouvelle mouture de cette dernière, les compétences fédérales sont étendues. Sur bien des aspects, elle s'applique de façon égale à tous les cantons, dont les territoires et les développements régionaux sont pourtant très différents. C'est pour cette raison que son application pose, encore aujourd'hui, de sérieux problèmes dans bon nombre de cantons. Je dis cela sans vouloir nier la responsabilité des cantons, en particulier du mien. S'il faut tirer un enseignement de cette entorse au respect des diversités et des souverainetés cantonales, je dirai que le fédéralisme ne sera jamais chose acquise et qu'il faut le construire, le promouvoir et l'adapter sans cesse. Il est bon de le rappeler à la veille de la nouvelle révision de la loi sur l'aménagement du territoire et de la votation fédérale de février prochain sur le sujet récurrent du mitage du territoire. La promotion et la défense du fédéralisme sont aussi des missions attendues de notre chambre de réflexion.

Au système politique suisse, il est souvent fait le reproche de la lenteur. Je suis d'avis, pour ma part, qu'il faut respecter le temps, qui est la seule denrée non renouvelable de notre existence, et qui est si nécessaire à chacun d'entre nous pour digérer et assimiler les changements: selon un principe chinois, il ne sert à rien de tirer sur l'herbe pour la faire pousser. On peut respecter le temps, ne pas répondre spontanément au tam-tam médiatique nous appelant à nous émouvoir immédiatement de tout, sans nous préoccuper durablement de rien. Nous pouvons trouver des solutions équilibrées, pragmatiques et consensuelles à un problème à résoudre, même s'il faut le faire sans délai, en prenant justement le temps de la réflexion. Cette quadrature du cercle, le Conseil des Etats l'a résolue, une fois de plus dernièrement, en traitant les difficiles et urgents dossiers de la réforme fiscale des entreprises et du financement de l'AVS. Il a la légitime satisfaction d'avoir élaboré une proposition qui devrait trouver l'assentiment d'une large majorité de nos concitoyennes et de nos concitoyens, satisfaire aux attentes internationales, sécuriser nos entreprises et pérenniser nos rentes. Cette légitime satisfaction devra - c'est le plus important - se concrétiser d'abord dans notre engagement auprès du peuple, pour que notre proposition soit soutenue, afin de triompher ainsi d'un référendum déjà annoncé.

La capacité de notre conseil à forger des consensus, à tracer des chemins concordants sera mise à l'épreuve dans de grands défis qui s'annoncent dans des domaines aussi divers que la sécurité aérienne, les relations avec nos voisins européens ou encore la nouvelle péréquation financière.

J'ai lu dernièrement que le Conseil national est l'arène où s'affrontent les courants et les forces politiques, alors que le Conseil des Etats est la chapelle où se chuchotent de temps à autre des miracles. Bien que cette approche ne soit pas pour déplaire au démocrate-chrétien que je suis, je vous propose d'affirmer chaque jour davantage notre ambition de demeurer plus modestement une chambre de réflexion. (Applaudissements)

J'invite maintenant le quatuor Shake Brass à prendre place et à nous interpréter deux morceaux dont le premier sera immédiatement reconnu bien loin à la ronde, par rapport au Valais, et qui s'intitule "Marignan", et une deuxième pièce qui s'intitule "Blue".

Le Shake Brass est un quatuor d'instruments de cuivre formé par les quatre musiciens valaisans Jérémy Coquoz et [PAGE 810] Anthony Rausis, cornettistes et membres du Brass Band 13 étoiles, Paul Crognaletti à l'alto et Valentin Duc à l'euphonium, membres du Valaisia Brass Band. Cet ensemble a été sacré trois fois champion valaisan de quatuor et représente ainsi très bien l'excellence des cuivres en Valais. Ce quatuor est dirigé pour l'occasion par Monsieur Arsène Duc, directeur du Valaisia Brass Band, champion d'Europe en titre, et également directeur de la fanfare Ancienne Cécilia, championne suisse à huit reprises, dont quatre fois de suite, la dernière fois hier soir. (Applaudissements)

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