Langenberger Christiane · Ständerat · 2002-06-05
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-06-05
Wortprotokoll
Je crois que ce sont plus particulièrement les deux dernières interventions qui m'incitent à prendre la parole, et cet article constitutionnel sur l'égalité.
Effectivement, dans toutes les explications et tous les débats que nous avons eus sur cet article, il était bel et bien dit qu'il fallait qu'il permette la réalisation de l'égalité des chances dans le droit et dans les faits. Je ne vais pas compter le nombre de femmes dans cet hémicycle, mais, de manière générale, dans nos deux Chambres, nous avons 25 pour cent de femmes, ce qui est loin, très loin d'être l'égalité. Par ailleurs, nous constatons, à chaque élection, que la présence des femmes augmente certes, mais d'une manière minimaliste. Il faudra peut-être cent ans pour combler ce déficit.
Alors, pourquoi des campagnes? On a dit que ces campagnes étaient du ressort des cantons. C'est vrai que certaines associations cantonales font des campagnes pour inciter non seulement à aller voter, puisque c'est nécessaire, mais aussi à voter en faveur des femmes. Mais ça ne suffit pas. C'est, comme pour tout changement de mentalité, un effort qui doit perdurer, qui doit être renouvelé. Mme Christiane Brunner a parlé de la parité sur les listes électorales, la parité exigée par les partis. Ce n'est de loin pas le cas de tous les partis. Dans mon parti en tout cas, ce n'est pas forcément le cas. Ensuite, je pense que, là aussi, à partir du moment où il s'agit d'un changement de mentalité, c'est à tous les niveaux qu'il faut insister. Et si véritablement, alors que c'est inscrit dans notre Constitution fédérale, il existe une volonté au niveau fédéral, de la part du gouvernement, de montrer que lui aussi estime qu'un effort doit encore être fait, qu'un changement important dans les mentalités doit avoir lieu, je pense que c'est tout à fait indispensable que nous nous mêlions aussi de ça. Après tout, nous avons fait X campagnes ces derniers temps et X révisions de lois où on continue de mentionner spécifiquement qu'il faut faire un effort en faveur des femmes. On est en train de le faire dans la loi fédérale sur l'assurance-invalidité, on l'a fait dans la loi sur la formation professionnelle; on a fait des campagnes concernant les postes d'apprentissage spécifiquement destinées à promouvoir les femmes, à faire en sorte qu'elles soient un peu mieux réparties et mieux considérées par les entreprises.
J'ai donc l'impression qu'à partir du moment où nous constatons que les femmes sont sous-représentées, des campagnes sont indispensables - et je ne parle pas, évidemment, de l'attaque, une fois de plus, de M. Reimann, concernant les bureaux de l'égalité qui font un travail remarquable, mais qui ne peuvent pas être au four et au moulin. C'est autre chose si un bureau de l'égalité s'en mêle ou si, véritablement, il y a une volonté politique du gouvernement de mener une telle campagne.
Je ne vais pas trop insister - nous avons été plusieurs à intervenir -, mais je tenais à dire cela ici.