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Nidegger Yves · Nationalrat · 2019-03-05

Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2019-03-05

Wortprotokoll

Oui, ce postulat est combattu parce qu'il ne sert à rien, sinon à retarder le moment où l'on agira enfin pour résoudre les problèmes des infrastructures manifestement dépassées. Du fait que la population du pays augmente constamment, les infrastructures routières et ferroviaires sont devenues obsolètes. Le tronçon Lausanne-Genève, dont il est question dans ce postulat, est transformé en parking un certain nombre d'heures chaque jour. Et l'idée qu'il faille s'en référer à la baguette magique de la fée 4.0, qui nous tirerait d'affaire par je ne sais quelle projection sur un futur incertain, tient de la procrastination au mieux et de l'envie de retarder les choses au pire. Ce d'autant plus que les pistes de réflexion pour ce rapport, qui évidemment coûterait de l'argent et ne pourrait que retarder le premier coup de pioche, alors même que le fond d'infrastructure est là, que la décision politique est enfin mûre et que l'on pourrait enfin agir, laissent rêver.

Parmi les études qui devraient être faites pour la mobilité partagée, on indique aussi le vélo en libre-service, une piste tout à fait pertinente que Madame Chevalley nous propose d'étudier en lien avec le problème de la congestion d'une autoroute, ce qui laisse évidemment rêveur. Les achats en ligne seraient aussi une chose à étudier, selon ce projet, parce qu'ils permettraient d'avoir moins de transport. Madame Chevalley oublie le revenu inconditionnel, dont on pourrait reparler, puisqu'il permettrait à chacun de rester devant sa télévision toute la journée et de renoncer à se déplacer pour aller travailler.

Tout ceci n'est simplement pas sérieux, c'est retarder les choses, c'est procrastiner, c'est faire de la science-fiction. Que sait-on sinon rien du tout de ce que l'industrie automobile pourra offrir l'an prochain, dans deux ou dix ans en termes de systèmes de conduite assistée ou automatique qui auraient un effet par hypothèse - parce qu'encore faut-il le croire - sur la fluidité du trafic? Lorsque l'on aura remplacé des milliers de petites décisions individuelles par une espèce d'intelligence artificielle que l'on pourrait éventuellement programmer, qui apprendrait de ses propres erreurs, tout ce que l'on peut en attendre, c'est plus de précaution pour moins d'accidents et non pas plus de fluidité du trafic. Tout cela est un vil prétexte pour ne pas mettre à niveau nos infrastructures routières, contre lesquelles certains semblent avoir des a priori beaucoup plus idéologiques que rationnels.

Je vous invite en conséquence à ne pas soutenir ce postulat.