Borloz Frédéric · Nationalrat · 2019-03-11
Borloz Frédéric · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2019-03-11
Wortprotokoll
La Suisse dispose d'un des meilleurs réseaux de transport du monde, et nous pensons qu'il n'y a pas de raison, aujourd'hui, de le voir diminuer, s'affaiblir, s'abîmer, s'user sans entretien, sans veiller à ce qu'on puisse le maintenir dans un bon état. Dans ce réseau, les routes nationales revêtent une importance tout à fait particulière: alors que 75 pour cent du trafic de personnes se fait par la route, 40 pour cent du trafic se fait sur les routes nationales, bien qu'elles ne comptent que pour 2,5 pour cent du réseau total des routes en Suisse.
Le temps passé dans les embouteillages - cela a été dit par plusieurs de mes préopinants - est du temps bien entendu perdu et il a un coût pour l'économie. La mobilité professionnelle ne touche pas que le transport de marchandises. La mobilité professionnelle, il en est question chaque fois que, pour une raison ou une autre - mais toujours pour une raison professionnelle -, vous devez vous déplacer. Cela peut concerner un plombier, un peintre, un conseiller en assurances, etc., quiconque doit utiliser un véhicule, un moyen de transport pour aller voir son client. Or le peintre ne peut pas venir chez vous à 10 heures du soir sous prétexte qu'il n'y a plus d'embouteillages et que c'est le moment qu'il a choisi pour venir repeindre votre appartement.
La mobilité professionnelle est un sujet qui doit nous préoccuper, parce qu'il en va de notre qualité de vie. Elle dépend du prix que l'on est prêt ou pas - ou plus - à payer pour faire fonctionner notre économie, pour pouvoir passer des commandes à des entreprises, que ce soit au bénéfice de notre appartement ou de tout ce qui nous entoure.
Le Conseil fédéral a donc proposé beaucoup de mesures pour beaucoup de milliards de francs. Il est vrai que les mesures sont impressionnantes, qu'elles concernent pour les deux tiers des frais d'entretien et d'amélioration du réseau existant. Il y a quelques grands projets qui sont également concernés: le contournement du Locle, le contournement de Lucerne et, bien sûr, l'accroissement de capacité à Crissier. Tout le monde s'accorde pour dire, aujourd'hui, que l'on doit s'occuper de ces noeuds routiers, qu'ils ne peuvent pas être laissés en l'état alors que les conditions de circulation y sont bien souvent catastrophiques.
Dans ce contexte, le groupe libéral-radical soutiendra la majorité de la commission, à un petit bémol près: il souhaite que l'on s'occupe du projet de Bodensee-Thurtal-Strasse, selon la proposition de la minorité V (Ammann), dont l'objectif est de réintroduire ce projet à l'article 1 alinéa 2 lettre f de l'arrêté fédéral sur l'étape d'aménagement 2019 des routes nationales.
Si nous soutenons ce projet, c'est parce que nous soutenons toutes les mobilités. C'est ce que nous avons fait en début d'après-midi, lorsque nous avons soutenu le projet concernant les agglomérations. C'est ce que nous ferons également, je l'espère, lorsque nous discuterons de Prodes, en soutenant les projets d'infrastructures ferroviaires. Aujourd'hui, il est totalement illusoire d'imaginer faire basculer tout le transport routier vers les transports publics. Nous n'avons absolument pas les infrastructures qui permettraient, malgré les milliards que nous investissons dans ce domaine, de supporter une telle charge supplémentaire de personnes.
C'est la raison pour laquelle ne privilégier qu'un seul mode de transport, c'est aller, de notre point de vue, à contresens. Cela relève plus du dogme idéologique; cela relève sans doute de principes communautaires en vogue dans notre société, mais ce n'est faire preuve ni de pragmatisme, ni d'une volonté de développer les transports afin d'assurer à toutes les personnes de notre pays un confort minimum dans leurs déplacements.