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Langenberger Christiane · Ständerat · 2002-06-19

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-06-19

Wortprotokoll

L'évolution extrêmement rapide des technologies, la vie éphémère des produits nous obligent à innover en permanence afin de maintenir la capacité concurrentielle de notre économie. Il s'agit dès lors de placer l'ensemble de notre politique de formation en parfaite adéquation avec ces nouvelles exigences. Les efforts consentis ces dernières années dans la création des maturités professionnelles, des HES et dans des mesures incitant les entreprises à former des apprentis, améliorent la panoplie de l'offre en matière d'études et permettent à une majorité de jeunes d'avoir accès à une bonne formation, et donc de devenir des collaboratrices et des collaborateurs efficaces et créatifs.

Il faut rappeler ici que, dans les années soixante, près de la moitié des jeunes Suisses arrivaient sur le marché du travail sans autre formation que leur bagage obligatoire. Cette fraction est aujourd'hui de 4 à 5 pour cent; c'est un progrès considérable.

Avec la nouvelle loi sur la formation professionnelle, le niveau secondaire supérieur offre maintenant un paysage plus riche, plus souple. Reste à convaincre parents et enseignants que cette voie ouvre des perspectives professionnelles prometteuses et que nos chefs d'entreprise apprécient beaucoup de pouvoir compter sur des jeunes disposant de solides connaissances techniques doublées d'expérience professionnelle.

En désignant la formation professionnelle comme une tâche commune à la Confédération, aux cantons, aux communes [PAGE 494] et aux entreprises, la nouvelle loi exhorte les acteurs concernés à collaborer. Cela me paraît primordial afin de:

1. garantir une formation d'égale valeur sur l'ensemble du territoire et de tenir compte des cantons moins riches, des minorités linguistiques pour lesquelles bien des choses - infrastructures, information, documentation, cours - coûtent plus cher;

2. mener une politique nationale de la formation, donc quelque peu centralisée, pour tenir compte d'une vision globale des besoins tout en profitant des atouts de la proximité engendrée par le fédéralisme;

3. bénéficier de la participation de l'économie.

Cette loi permet ainsi de tenir compte de plusieurs exigences. J'en citerai huit parmi d'autres.

L'intellectualisation croissante de la formation exige, tout au moins dans certaines branches, une scolarisation plus poussée. La loi en tient compte sans conduire à l'abandon du système dual qui, avec ses composantes pratique et théorique, a fait ses preuves en tant que voie d'accès idéale à la vie active.

Nos jeunes sont appelés à changer d'emploi, de métier, plusieurs fois au cours de leur vie, à devenir plus mobiles, plus créatifs. Plusieurs articles prévoient des réformes susceptibles de favoriser des compétences polyvalentes, des qualifications clés, permettant d'apprendre tout au long de la vie, de favoriser l'épanouissement des moins comme des plus doués.

La loi regroupe non seulement les formations du secteur traditionnel de l'artisanat, de l'industrie, etc., mais dorénavant aussi celles de la santé, des affaires sociales, des arts. C'est un progrès, même si l'on attend des ordonnances qu'elles n'éliminent pas, au nom de cette loi-cadre, des différences régionales justifiées.

Nous avons vu, avec les campagnes visant à diversifier le choix d'apprentissage des jeunes filles, à quel point certains stéréotypes étaient encore profondément ancrés dans les mentalités. Un accent particulier est donc mis sur l'égalité des chances entre femmes et hommes, sans négliger les inégalités qui frappent les handicapés.

L'agressivité et la violence de nos jeunes, auxquelles sont confrontés nos enseignants, démontrent que de nouvelles recherches en matière d'intégration doivent être entreprises. Plusieurs articles s'y réfèrent et j'y souscris absolument.

On assiste également à une flexibilisation de l'organisation de la formation. La création de passerelles, le fait qu'on n'exige plus forcément d'aller au bout d'un parcours de formation avant de bifurquer nécessitent de concevoir un système plus souple dans lequel toute formation déjà acquise soit créditée de manière crédible. Le message précise qu'il ne s'agit pas de tolérer un va-et-vient ni de réduire à néant les conditions d'admission institutionnalisées.

Cette volonté de flexibilité et de formation continue doit pouvoir tabler sur un développement efficace du système modulaire. Après des années d'essais et de réflexion, nous assistons à une véritable explosion d'offres de modules de la part d'institutions plus ou moins sérieuses. L'OFFT est en train de reprendre les choses en main, mais c'est le dernier moment. A cet égard, je suis sensible quand même à la version du Conseil national concernant l'article 36 et je pense qu'il la maintiendra. En effet, je vous rappelle que dans le cadre de nos discussions, nous avons refusé d'intégrer de manière très concrète le problème de la formation continue. Nous l'avons abordé, mais nous allons moins loin que le voulait à l'origine la commission du Conseil national, qui souhaitait même créer une loi à part. Pour des raisons de moyens financiers, nous y avons renoncé. Mais ce système modulaire est précisément un moyen, une des clés d'entrée pour pouvoir mener à bien une formation continue sur laquelle tout un chacun doit pouvoir compter aujourd'hui.

La formation professionnelle est donc sur la bonne voie, d'autant plus que d'autres mesures devraient encore favoriser la qualité de cet enseignement. Il faut absolument encourager la recherche en pédagogie et dans les questions fondamentales de la formation. On fait actuellement relativement peu de recherches dans notre pays concernant la formation professionnelle. Il faut associer le degré secondaire II au Campus virtuel suisse, facilitant entre autres choses la formation continue. Et il faut avoir accès aux programmes européens, garantissant ainsi la reconnaissance des diplômes.