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Tornare Manuel · Nationalrat · 2019-03-18

Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-03-18

Wortprotokoll

Cela fait deux heures, comme l'a dit Madame Kathy Riklin, que nous débattons de l'entrée en matière sur les arrêtés qui nous sont soumis. Comme elle, j'ai entendu certains collègues se trouvant sur ma droite nous dire que ce n'était pas le moment d'approuver de tels arrêtés. Mais ce n'est jamais le moment! Cela fait depuis 2011 que je siège ici, et j'entends à chaque fois dire que ce n'est pas le moment. Cela dit, certains ont intérêt à ce que ce ne soit jamais le moment, s'ils veulent en faire leur miel, surtout avant les élections fédérales de cet automne.

J'ai aussi entendu dire que le Parlement serait devenu fou. Mais certains sont devenus inconscients! Madame Riklin a parlé de cohésion. Il est vrai que soutenir la cohésion, c'est aussi reconnaître que la Suisse ne peut pas être claquemurée, telle une île au milieu d'un vieux continent. Notre premier partenaire commercial et financier, c'est l'Union européenne, et de loin. Va-t-on vivre en autarcie? Va-t-on continuer à avoir une attitude, vis-à-vis de l'Europe, qui ne permet pas de trouver des solutions et qui consiste à s'enfermer sans cesse dans une seringue, ce qui nous empêche de prendre des décisions?

On a parlé de la formation, et moi je préfère qu'on forme des ados et des jeunes dans les pays de l'Est. Ces personnes ne seront pas, comme on l'a entendu tout à l'heure, en concurrence avec nos jeunes, ici en Suisse. Ce qui est dangereux, c'est plutôt de vendre la technologie suisse à la Chine ou à d'autres pays, ce que l'on fait malheureusement de plus en plus. Or, sur ces questions-là, on n'entend pas les personnes qui refusent d'entrer en matière sur les arrêtés qui nous sont soumis.

J'en viens à la question de la migration. Dans tous les pays d'Europe, on entend s'exprimer des populistes. En France, en Italie, en Pologne ou en Grèce, on les entend nous dire que l'Europe n'a jamais eu et n'a pas de politique migratoire. Les projets qui nous sont soumis visent à donner plus de moyens à cette politique migratoire, or paradoxalement certains combattent cette mesure. Ces personnes veulent nous entraîner dans un jeu de dupes, mais nous ne les y suivrons pas.

En conclusion, je vous dirai simplement ceci: certains, dans notre conseil, vivent en se reposant sur des mythes. Moi, je préfère vivre en me confrontant à des réalités. C'est comme cela que je conçois mon pays.