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Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2019-06-05

Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-06-05

Wortprotokoll

Les chiffres sont maintenant largement connus: durant les précédentes décennies, le surpoids et l'obésité ont augmenté en Europe, tant chez les adultes que chez les enfants. La Suisse n'échappe malheureusement pas à ce phénomène. En Suisse, 42 pour cent de la population est en surpoids, dont 10 pour cent obèse. La consommation de boissons sucrées a aussi augmenté en lien avec un marketing intensif de la part de l'industrie. Le Conseil fédéral a lancé, depuis plusieurs années, une initiative consistant à inciter les acteurs de l'industrie alimentaire produisant et commercialisant des denrées contenant des sucres ajoutés à diminuer le sucre dans leurs recettes.

C'est ainsi que, depuis l'exposition universelle de Milan en 2015, une quinzaine d'entreprises se sont engagées à diminuer la teneur en sucre des yoghourts et des céréales du petit-déjeuner, et ce en particulier pour protéger les enfants.

C'est la raison pour laquelle, par analogie, mon postulat prévoit la même démarche, en visant à ce que les entreprises produisant des boissons sucrées diminuent de manière significative le sucre dans leurs produits. A titre d'exemple, en Allemagne, cinq décilitres de Fanta contiennent 45,5 grammes de sucre, en France, 32,5 grammes, et en Grande-Bretagne, 23 grammes seulement. En comparaison, la même quantité de cette boisson contient en Suisse 51,5 grammes!

Des pays comme le Portugal et l'Angleterre ont introduit une taxe sur les boissons sucrées. Au Portugal, on a procédé en plusieurs paliers. Les fabricants ont rapidement diminué la teneur en sucre de leurs boissons, et la population a aussi changé sa consommation et privilégie des boissons moins sucrées.

Néanmoins, dans ce postulat, il n'est pas du tout question d'introduire une taxe. Mais il est intéressant de se documenter sur les mesures prises avec succès dans certains pays.

Les chiffres suisses sont inquiétants quand on sait la quantité de boissons contenant autant de sucre ajouté qui est consommée par les jeunes dans notre pays. Tout ce sucre qui est absorbé, également dans une grande variété de produits alimentaires - est-ce qu'on sait qu'il y a des sucres ajoutés dans le pain, dans les saucisses, dans les bocaux de cornichons, dans le jambon, dans le ketchup, etc.? -, contribue à faire exploser ces problèmes de santé publique que sont le surpoids et l'obésité.

Dans ces conditions, j'ai de la peine à comprendre l'attitude de ceux qui veulent empêcher toute mesure de prévention. Cela porte la marque d'un lobby qui est irresponsable et se moque de la santé de la population. Il est dommage qu'il se trouve des députés pour relayer cette attitude irresponsable au nom de la liberté du commerce et de l'industrie.

Ce postulat entre dans la stratégie des petits pas du Conseil fédéral et n'a pas une portée révolutionnaire. Celles et ceux qui refusent toute idée de taxe au prétexte qu'il faut privilégier des mesures incitatives et volontaires de la part de l'industrie ont maintenant l'occasion de prouver que ce ne sont pas de vaines intentions.

Je vous demande donc de vous prononcer en faveur de mon postulat, qui a été accepté par le Conseil fédéral.