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preparatory:AB 24633

Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-09-16

Wortprotokoll

Je vous invite maintenant à vous lever pour l'éloge de M. Georges-André Chevallaz.

M. Georges-André Chevallaz nous a quittés dimanche dernier dans sa quatre-vingt-septième année.

Syndic de Lausanne quatre législatures durant et conseiller national pendant quatorze ans, toute sa vie a été consacrée à l'enseignement et à la chose publique.

A la tête d'une équipe municipale travaillant dans la cohésion pour l'intérêt de la capitale vaudoise, Georges-André Chevallaz s'est imprégné de l'inscription de l'horloge de l'Hôtel de Ville de Lausanne: "Concordia res parvae crescent, discordia vero male dilabuntur". L'Expo 64 à Lausanne a été un grand événement de sa syndicature.

Radical par une inclination naturelle de son esprit, il n'a pas hésité à empoigner, comme président de commission ou comme rapporteur, des dossiers impopulaires tels que les mesures contre la surchauffe, l'initiative contre l'emprise étrangère ou l'article sur les jésuites.

Le 7 décembre 1973, il a obtenu du Parlement sa revanche sur son échec de 1966 et a été élu au Conseil fédéral. On lui a confié d'abord les finances. En arrivant au Bernerhof, le nouveau ministre a trouvé les caisses vides, l'inflation, les déficits et les dépenses en augmentation constante. Il s'est donc attelé à la remise en état de nos finances publiques en appliquant la devise du baron Louis: "Sans de bonnes finances, il n'y a pas de bonne politique." Il a préconisé par deux fois, en 1977 et 1979, l'introduction de la TVA, mais ces deux tentatives ont connu l'échec. Lorsque cet impôt a été introduit alors qu'il n'était plus aux affaires, il a accueilli le verdict populaire avec un léger amusement, constatant que le taux retenu était sensiblement plus bas que celui qu'il avait préconisé, soit 6,5 pour cent au lieu de 10 pour cent! En revanche, c'est M. Chevallaz qui a fait aboutir l'harmonisation fiscale. Il faut relever qu'à l'époque les problèmes fiscaux et financiers étaient abordés dans un climat perturbé par le dérèglement du système monétaire international.

Dès 1980, M. Chevallaz a été en charge de la défense qui lui a sans doute mieux convenu que les finances. Il a été responsable de l'acquisition des avions Tiger et des engins Rapier ainsi que du nouveau fusil d'assaut. M. Chevallaz a aussi su rendre au facteur humain sa juste place dans la préparation militaire.

Georges-André Chevallaz a été président de la Confédération en 1980. Celles et ceux qui ont eu l'occasion de voir le [PAGE 1150] petit film projeté pendant l'exposition du centenaire du Palais ont pu le voir accueillir la reine Elisabeth II. Cela a été certainement un moment fort de sa présidence.

Le magistrat vaudois a été aussi un intellectuel en politique. Homme d'écriture, il a pris sa plume pour des discours, des articles de journaux et des livres qui ne se réduisent pas à un manuel d'histoire contesté, mais qui embrassent des thèmes aussi variés que l'agriculture vaudoise, la genèse de la Société des Nations ou le fonctionnement des institutions suisses. A son départ du gouvernement, il a répondu à la question "La Suisse est-elle gouvernable?" dans un ouvrage qui reste actuel.

Pendant toute sa vie politique, M. Georges-André Chevallaz a mis son talent, son énergie et sa volonté à la disposition du pays. Mais il pouvait aussi se détacher de la politique. La lecture et la musique étaient, comme il l'a dit lui-même, un véritable besoin, un refuge, une libération.

J'adresse à sa famille les sincères condoléances du Conseil national.

[VS]

Der Rat erhebt sich zu Ehren des Verstorbenen

L'assistance se lève pour honorer la mémoire du défunt