Rochat Fernandez Nicolas · Nationalrat · 2019-09-16
Rochat Fernandez Nicolas · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-16
Wortprotokoll
Le plus inacceptable dans cette initiative, c'est qu'elle trompe les gens, c'est qu'elle trompe les travailleuses et travailleurs de ce pays qui connaissent la stagnation de leur salaire, la flexibilisation du temps de travail, le stress des cadences, comme c'est le cas par exemple dans la construction ou dans l'industrie.
En affirmant que la libre circulation des personnes est la cause de tous les maux de ce pays, les initiants trompent ainsi la population. Car si l'on rompt l'Accord sur la libre circulation des personnes, l'on stoppe immédiatement les mesures d'accompagnement qui ont été une condition sine qua non pour les socialistes à l'époque de l'acceptation des accords bilatéraux II. De plus, les partisans de cette initiative oublient de dire volontairement que la libre circulation a permis d'abolir le statut inique de saisonnier, statut qui a séparé des familles entières et qui a traumatisé ces dernières pour plusieurs générations.
Une libre circulation des personnes conditionnée à un contrat de travail avec des mesures d'accompagnement qui garantissent la protection des salaires, et donc des outils contre le risque de dumping social et salarial, a été votée et voulue par le peuple à deux reprises: à la fin des années 1990 et en 2004.
Bien évidemment, le système n'est pas parfait et de loin, et je suis le premier à le dire. Mais concentrons-nous sur les vrais problèmes. Si l'on parle, par exemple, des travailleurs de plus de cinquante ans qui perdent leur emploi - le groupe UDC, le temps d'un débat, s'arroge le monopole du coeur sur cette question -, il faut tout simplement se poser la question suivante: qui a rejeté toutes les propositions socialistes visant, par exemple, à protéger davantage contre les licenciements ces travailleurs quinquagénaires ou à revoir leur taux de cotisation LPP? Ce sont par ailleurs des propositions concrètes, et qui ne visent pas simplement à les mettre au chômage, comme l'a faussement dit notre collègue Amstutz tout à l'heure. Eh bien, qui les a refusées? C'est bien l'UDC.
En fait, dans ce débat, les choses sont assez simples pour les initiants. La cause de tous les maux de notre pays, ce sont les étrangers. Fermons nos frontières et tout sera résolu: les licenciements des quinquagénaires, bien évidemment, la hausse des loyers, l'engorgement sur les routes, etc., et peut-être même le mauvais temps, si l'on suit le raisonnement des initiants. Plus sérieusement, il faut néanmoins avouer que le débat d'aujourd'hui soulève des problématiques fondamentales pour notre cohésion sociale. Mais cette initiative n'est pas du tout la solution, bien au contraire. Elle n'a qu'un but, créer de l'insécurité pour les travailleuses et travailleurs de ce pays.
Discutons des vrais problèmes et recommandons le rejet de cette initiative dite de limitation.