Bauer Philippe · Nationalrat · 2019-09-16
Bauer Philippe · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2019-09-16
Wortprotokoll
Tout d'abord, je déclare mes liens d'intérêts: je suis président de la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse.
A mon sens, la libre circulation des personnes ne peut pas être déconnectée de la libre circulation des marchandises, de la libre circulation des services et de la libre circulation des capitaux. Dès lors, après avoir entendu passablement de grandes déclarations politiques, j'aimerais vous abreuver de quelques chiffres. Dans l'horlogerie, sur les neuf pays qui assurent un commerce de plus d'un milliard de francs, quatre sont voisins ou proches: le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Italie. Par conséquent, et c'est la première question que je voulais vous poser, si nous n'avons plus ces quatre accords de libre circulation avec les pays précités, où vendrons-nous nos montres? Comment ferons-nous, pour notre industrie horlogère notamment, lorsque nous aurons perdu la moitié de nos marchés?
La deuxième question qui me vient à l'esprit est la suivante. Il y a peu, le commerce que nous entretenions avec nos voisins était, et de loin, supérieur à celui que nous avons avec l'extérieur. Par exemple, le commerce avec le Bade-Wurtemberg se montait à près de 30 milliards de francs, contre 21 milliards avec la Chine; avec l'Alsace, petite région, à 5,4 milliards de francs, contre 5,8 milliards de francs au total pour le commerce avec l'Inde et le Brésil; - à l'intention de nos amis Tessinois - le commerce avec la Lombardie représente 14,5 milliards de francs, contre 9,5 milliards de francs avec le Japon; avec le Tyrol, 3,8 milliards de francs, montant équivalent à celui du commerce avec le Canada. Où pourrons-nous dès lors faire du commerce si nous perdons pas loin de la moitié de nos débouchés commerciaux?
Et, enfin, abordons l'emploi, dont nous avons déjà passablement discuté aujourd'hui. 860[NB]000 emplois dépendent des exportations. Alors certes, certaines places de travail sont utilisées par des travailleurs étrangers; néanmoins, beaucoup sont des places de travail occupées par nos compatriotes. Qui travaillera dès lors dans notre pays si nous n'avons plus de débouchés commerciaux?
Dès lors, je ne peux que vous exhorter à dire oui à la libre circulation des personnes, ce qui signifiera aussi dire oui à la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux, qui sont manifestement indispensables à notre économie.
Je vous exhorte aussi à recommander le rejet de cette initiative, qui affaiblira très clairement notre place économique et, de ce fait sera préjudiciable à nos emplois.