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Mazzone Lisa · Nationalrat · 2019-09-19

Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2019-09-19

Wortprotokoll

Je tiens à dire en préambule que cette motion s'inscrit dans le cadre du projet engage.ch, qui vise à initier les jeunes gens à la politique. Ils peuvent ainsi déposer sur une plateforme Internet, qui est une sorte de bourse, des propositions d'interventions adressées aux parlementaires, et les parlementaires peuvent en choisir une et la déposer pour faire le lien entre ces jeunes gens et la politique. Je pense que c'est un levier important pour sensibiliser les jeunes et leur donner une voix aussi dans l'arène politique.

La proposition qui m'a été faite par une jeune participante à ce projet est d'encourager la fermeture au trafic motorisé, au moins un dimanche par année, d'un tronçon autoroutier - pas de l'ensemble du réseau.

C'est assez amusant puisque effectivement c'est une jeune personne qui le propose et les souvenirs que l'on a des dimanches sans voiture datent d'il y a longtemps. Il y a une longue tradition en Suisse, la première fois, c'était en 1936; cela a toujours été en lien avec la hausse du prix de l'essence. En 1936, le journal "Der Bund" publie ce témoignage: "Quel délice de se balader sur les vastes chaussées bordées de champs de céréales ondulantes et, instants si rares aujourd'hui, de respirer et de savourer en toute quiétude l'air pur jusque dans le calme du soir. Partout l'on entend la même prière: puisse ce merveilleux dimanche se renouveler!"

C'est par ces mots que je vous invite à le renouveler encore aujourd'hui, des années après. Il y a eu des occurrences de dimanches sans voiture dans les années 1960, puis dans les années 1970. En 1973, ces dimanches sans voiture ont été décidés par décret fédéral et c'était lié au contingentement dû au premier choc pétrolier; cela a marqué les esprits.

Aujourd'hui, ce que l'on connaît, ce sont les "slow Up", des manifestations qui permettent de se réapproprier la chaussée en favorisant la mobilité douce pour un certain temps et dans un esprit de convivialité. Il faut ajouter aussi que ce sont des moments où les partenaires économiques bénéficient d'une vaste vitrine puisqu'ils sont présents dans ces manifestations. Ces événements sont très prisés du public puisqu'ils ne font pas salle comble, mais route comble!

Aujourd'hui, il ne s'agit plus de réagir au choc pétrolier, mais au réchauffement climatique, qui exige des réactions urgentes. Cette proposition ne réglera pas ce problème, elle n'en a pas la prétention. Par contre, elle a l'ambition de sensibiliser particulièrement à la question de l'urgence climatique dans le domaine des transports, puisque ce sont les transports qui sont responsables d'un tiers de nos émissions intérieures de gaz à effet de serre et que c'est le secteur qui n'atteint pas ses objectifs de réduction fixés dans la loi.

Donc il y a vraiment un besoin d'agir dans ce secteur particulier, et une telle manifestation peut donner de l'engouement, encourager à changer de mode de transport et à utiliser des modes de transport plus respectueux de la santé et de l'environnement et donner une image positive des mobilités douces, tout en engageant aussi des partenaires commerciaux et économiques dans cet événement.

J'ai lu l'avis du Conseil fédéral. Je dois dire, comme je l'ai relevé, que si cette motion n'a pas la prétention de résoudre l'urgence climatique, le Conseil fédéral - je trouve - fait preuve de beaucoup d'imagination, puisqu'il prétend que cela aurait des effets nuisibles sur l'environnement et la sécurité routière. Il ne me semble pas qu'une fermeture d'un tronçon, un jour par année, puisse avoir des effets nuisibles sur la sécurité routière et l'environnement, ceci en particulier parce qu'il s'agirait d'un dimanche, un jour où il y a moins de trafic sur l'autoroute, ou en tout cas moins de besoin sur le plan du trafic.

Je dirai que ce qui est important, c'est que cela se fasse avec des mesures d'accompagnement, pour que cela ne soit pas un danger. On peut imaginer, notamment, de ne fermer qu'une voie de façon à en laisser une de libre pour les véhicules qui devraient intervenir en urgence, voire de la laisser libre pour les véhicules qui transportent des marchandises, le but étant que la moitié de l'autoroute soit effectivement réservée au trafic doux - tout cela, pour avoir une belle vitrine.