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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2019-09-23

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-23

Wortprotokoll

Cela faisait des années que le groupe socialiste attendait ce projet, des années que nous déposions des interventions parlementaires pour soutenir notamment les familles dont un enfant est gravement malade sur une longue durée, mais aussi pour que soit enfin reconnu tout le travail bénévole accompli avec énormément de générosité par toutes les personnes qui s'occupent d'un proche malade ou en situation de dépendance. Voici enfin un projet posant les bases d'un soutien aux proches aidants, qui ont toutes les peines du monde à concilier cette activité chronophage avec leur emploi. Comme le souligne le Conseil fédéral, le travail des proches aidants est indispensable pour la société et constitue une part importante des soins. Mais concilier la prise en charge de malades avec une activité professionnelle est aussi très difficile.

Le projet que nous traitons aujourd'hui contient quatre mesures importantes qui permettront d'améliorer la situation des familles touchées par la maladie et favoriseront la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle.

Première mesure: en cas de maladie ou d'accident, l'employeur continue de payer le salaire pour une absence de trois jours au plus par événement, pour que la personne puisse organiser les soins nécessaires à un membre de sa famille ou à son ou sa partenaire. Aujourd'hui, il est vrai, environ deux tiers des entreprises accordent de tels congés à leurs employés, partiellement rémunérés ou non payés. Cette mesure permet d'octroyer des conditions uniformes à tous les employés et permet également d'ancrer de façon claire ce congé dans le Code des obligations.

Deuxième mesure: un congé maximal de quatorze semaines est accordé aux parents qui s'occupent d'un enfant gravement malade ou accidenté. Pendant le congé parental, ils reçoivent une compensation financée par les APG. Quand on connaît la détresse provoquée par exemple par l'annonce du cancer d'un enfant, et tous les soucis financiers que l'absence prolongée du travail peut engendrer, on ne peut qu'applaudir ce qui constitue enfin une avancée très attendue. Actuellement, dans de tels cas, les parents peuvent seulement demander un congé non payé ou tout simplement arrêter de travailler. Chaque année, environ 4500 familles sont concernées par cette situation.

Ceci dit, lorsqu'on sait par exemple que la phase intensive du traitement d'un enfant atteint de leucémie dure six mois, les quatorze semaines de congé accordées aux parents sont clairement insuffisantes. Lorsqu'un enfant doit être hospitalisé pour une longue durée, au moins l'un des parents doit pouvoir rester à ses côtés. Le père ou la mère apporte en effet du réconfort et donne du courage à son enfant. Cette présence est primordiale dans tout le processus de guérison. C'est pourquoi le groupe socialiste soutiendra la proposition de prolongation de ce congé.

La troisième mesure consiste à étendre la bonification pour tâches d'assistance de l'assurance-vieillesse et survivants aux personnes légèrement impotentes. Actuellement, les proches aidants touchent cette bonification si la personne nécessitant des soins est au bénéfice d'une allocation pour impotence de degré moyen ou grave. De plus, la bonification pour tâches d'assistance sera désormais aussi accordée pour les soins prodigués aux concubins. Cette mesure permettra d'aider davantage de personnes impotentes à mener une existence indépendante chez elles, ce que nous tenons à saluer. Cette mesure permettra aussi d'apporter une reconnaissance aux proches aidants.

Enfin, dernière mesure, l'allocation pour impotent et le supplément pour soins intenses de l'assurance-invalidité seront versés lorsque le séjour à l'hôpital dure plus d'un mois civil. Cette mesure améliore la situation des parents d'enfants handicapés, en leur donnant la possibilité d'accompagner leur enfant lors d'un séjour à l'hôpital, sans subir une perte considérable de revenu.

Ces quatre mesures constituent une nette amélioration pour les parents d'enfants gravement malades ayant besoin de soins continus et pour toutes les personnes qui s'occupent d'un proche. Pour toutes les raisons invoquées, le groupe socialiste vous invite à entrer en matière sur ce projet et à refuser la proposition de non-entrée en matière défendue par la minorité Herzog.

Connaissant les besoins des familles subissant ces situations, je trouve que la proposition venant des rangs de l'UDC est tout simplement déplacée et qu'elle manque totalement de vision à long terme. Il y a une réelle urgence à agir pour [PAGE 1754] soutenir ces proches qui encadrent et prennent soin des membres de leur famille. Et non, la réforme ne vise pas à leur faire un cadeau, mais à apporter un soutien indispensable.

Lors de la discussion par article, le groupe socialiste soutiendra toutes les propositions qui visent à améliorer les différentes mesures et vous invite à rejeter toutes les propositions visant une péjoration des aides prévues dans le projet.