Brélaz Daniel · Nationalrat · 2019-12-04
Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2019-12-04
Wortprotokoll
Je vais aborder un sujet qui n'est pas strictement financier, puisque, parallèlement au budget, de nombreux offices de la Confédération reçoivent des tâches et des objectifs. L'un de ces objectifs, attribué à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), est de tout faire dans sa politique de prévention, d'information, etc., pour que le taux de fumeurs soit au maximum d'environ 25 pour cent. Cela fait [PAGE 2073] de nombreuses années que cet objectif est fixé; on n'est pas très loin de ce chiffre dans la réalité.
Dans notre commission, une proposition surprise a été déposée et a accueilli une très faible majorité. Au nom des onze minoritaires, je vais vous expliquer de quoi il s'agit.
Il s'agit tout simplement de savoir si, en l'absence d'un objectif en matière de prévention du tabac, l'OFSP doit se désintéresser de ce problème. C'est ce qu'a accepté la majorité de la commission, en déclarant qu'il ne fallait fixer aucun objectif en la matière, parce que cela relevait de la liberté individuelle totale. Cette réflexion sera étendue à tous les autres domaines de la santé, si d'aventure vous suivez la majorité de la commission.
Bien sûr, à l'inverse de ce que vient de dire Monsieur Bendahan en proposant d'augmenter les dépenses en faveur de la prévention dans la santé publique, si l'OFSP n'a aucun objectif en matière de pourcentage de fumeurs, on peut aussi faire cela dans d'autres domaines après.
Je pense donc que notre commission, dans un débat rapide, parmi quelques dizaines d'autres, n'a pas mesuré vraiment les enjeux et, surtout, l'exemplarité du problème. Si, au moment où la discussion est quasi permanente sur la question de savoir s'il faut prendre des mesures supplémentaires sur le tabac, sur les coûts de la santé directement liés au cancer des fumeurs et sur les problèmes qu'on a rencontrés dans de nombreux cantons où il est maintenant interdit de fumer dans les zones réservées, on va tout à coup, par une décision parlementaire, supprimer tout objectif de santé publique en matière de tabac pour l'OFSP, on va passer pour les derniers des rigolos en Europe, si ce n'est ailleurs, sauf dans un ou deux pays exceptionnels.
Je pense évidemment, et c'est pour cela que j'ai déposé ma proposition de minorité, que c'est totalement malsain, et je vous propose simplement de réintroduire l'objectif de 25 pour cent de fumeurs au maximum. C'est un objectif - personne ne sera condamné à mort si c'est 25,4 pour cent -, mais cet objectif doit être fixé pour l'OFSP.