Brélaz Daniel · Nationalrat · 2019-12-04
Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2019-12-04
Wortprotokoll
Je vais me concentrer sur deux sujets. Le premier, c'est l'aide au développement. C'est un dossier extrêmement important et une forme de serpent de mer de notre Parlement, puisqu'il y a eu des objectifs jusqu'à 0,7 pour cent du produit national brut, mais on y a renoncé pour des raisons budgétaires. Après, cela a été 0,5 pour cent, mais c'était quand même un peu juste en matière budgétaire. Certains ont tenté d'aller à 0,4 pour cent. Pour le moment, on s'est arrêté à 0,45 pour cent.
Les propositions de minorité Gysi représentent évidemment des sommes importantes - puisque c'est en pour cent du produit national brut -, soit 131 millions de francs tout compris. Ainsi, on n'atteint à nouveau pas l'objectif historique de la Suisse, mais c'est quand même un objectif défendable, à savoir 0,5 pour cent du produit national brut. Avec ce chiffre, on serait dans la moyenne des pays de l'OCDE, mais pas particulièrement en première place.
L'importance de ce dossier est très grande. Je vous rappelle qu'il y a eu toutes sortes de discussions pour savoir notamment si toutes les dépenses concernant les réfugiés devaient être déduites de l'aide au développement, et pas mal d'autres épisodes de ce genre, dont certains ont trouvé des [PAGE 2074] concrétisations partielles. Ici, l'avenir, et l'avenir en particulier de la Suisse dans le monde, va passer par un certain nombre de conventions qui ne concernent pas seulement le pays, mais le monde entier. Il s'agit ici très clairement de pouvoir participer aux efforts climatiques mondiaux, parce que, comme le disent certains, le problème ne se résoudra pas qu'en Suisse, il doit aussi se résoudre en Suisse; il est extrêmement important, pour diverses raisons, y compris éventuellement l'aide indirecte à nos start-up, qui seraient très performantes dans ce domaine, que ces problèmes climatiques soient bien mieux soutenus au niveau mondial. Il y a d'ailleurs des engagements de la Conférence de Paris qui semblent être très moyennement tenus pour le moment.
Puis, bien sûr, il y a tous les problèmes de pauvreté, de migration, avec tout ce que cela comporte. Pour le groupe des Verts, il est évident que les propositions de la minorité II (Gysi) doivent être soutenues.
Un deuxième domaine sur lequel je voudrais m'exprimer est le problème de la prévention en matière de santé publique. Certes, la proposition de la minorité Bendahan va loin, puisqu'elle consiste à doubler le crédit alloué à la prévention, mais il ne s'agit que de 25 millions de francs de plus sur un budget de 75 milliards. Est-ce qu'il vaut la peine d'augmenter de 25 millions de francs le budget alloué à la prévention pour améliorer globalement la santé des Suisses et, donc, diminuer les coûts de l'assurance-maladie? Même si ce doublement peut surprendre a priori, une réflexion saine nous conduit à penser que cet investissement en vaut la peine. Parce que globalement, je le répète, ce sont 25 millions de francs de plus sur un budget de 75 milliards, mais cela signifie également que nous nous retrouverons dans cinq à dix ans dans une situation où les économies pour l'ensemble de l'économie suisse seront un multiple de ces 25 millions de francs. Il s'agit d'investir pour le futur et de ne pas rester crispé sur des positions budgétaires.
C'est pourquoi les Verts soutiendront la proposition de la minorité Bendahan, même si elle a un petit côté révolutionnaire.