Lexipedia

Pointet François · Nationalrat · 2019-12-09

Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2019-12-09

Wortprotokoll

Les avions de combat, voici un sujet qui déchaîne les passions et qui nous vaut quelques discussions technico-dogmatiques de haut vol. Permettez-moi, pour en parler, de prendre un peu de distance et de procéder par étape.

La première question qui doit nous venir à l'esprit est la suivante: voulons nous conserver une armée capable d'assurer une protection physique de notre territoire? Il est clair et indiscutable que les menaces sécuritaires auxquelles nous devons faire face sont multiples et que nous devons nous adapter, mais celui qui croit qu'une armée classique n'est plus nécessaire prend un risque important. A cette première question le groupe vert'libéral répond oui.

Pour la deuxième étape, tournons-nous vers notre ciel: voulons nous disposer d'une police de l'air efficace et assurer une défense physique de notre espace aérien? S'occuper de cyberdéfense, combattre le terrorisme ou assurer la protection de la population en laissant notre ciel à découvert est inutile. Il nous faut une couverture aérienne et une police de l'air technologiquement à niveau et servie par du personnel bien entraîné. Le groupe vert'libéral réaffirme le besoin de protéger notre ciel de manière efficace.

Certains affirment que collaborer suffit et qu'il n'y a nul besoin de posséder des avions, ou alors seulement des avions légers. La collaboration est en effet essentielle, mais qui serait prêt à abandonner la police routière ou d'intervention à un pays voisin? Tout le monde parlerait d'une hérésie; dès lors gardons le contrôle de notre ciel. Laissons la collaboration dans l'interopérabilité, la technologie et la formation de nos troupes, pas dans l'opérationnel.

Parlons nuisances et rappelons que l'aviation militaire représente 0,3 pour cent de nos émissions de CO2 et que tout est entrepris pour limiter le bruit. Il y a dès lors lieu de mettre dans la balance la mission de protection et les nuisances. Même si chaque kilo de CO2 non rejeté est important et que nous nous devons de travailler à la baisse de toute nuisance, au vu des émissions, nous devons et pouvons nous concentrer sur la mission.

Chercher à réduire le prix avec un modèle plus petit est louable, mais l'augmentation du risque à moyen terme est grande. Faire voler des machines trop vieilles ou maintenir une flotte à type multiple pour couvrir l'ensemble des missions prévues est coûteux.

Se laisser dépasser technologiquement ou prendre le risque d'une pénurie de matériel fonctionnel n'est pas un choix viable.

Reste les compensations, voilà un système critiquable. Il nous est en effet difficile, en tant que libéral, d'accepter des compensations excessives qui s'assimilent à du subventionnement de l'économie. Nous pouvons comprendre la volonté de garder le niveau technique requis au maintien de la flotte; nous comprenons aussi la volonté de profiter de la manne de ce projet et de le voir se répartir sur le territoire, mais pas à n'importe quel prix. Nous proposerons une voie médiane [PAGE 2163] avec la proposition de la minorité I (Flach): moins de compensation, avec une répartition raisonnable sur le territoire national.

Le groupe vert'libéral vous invite à entrer en matière puis à soutenir la minorité I (Flach) à l'article 2 lettre b et la minorité Crottaz à l'article 2 lettre d.