Porchet Léonore · Nationalrat · 2019-12-12
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2019-12-12
Wortprotokoll
Monsieur Glättli a rappelé que l'on ne parlait, aujourd'hui, que du contre-projet indirect. Mais si nous menons cette discussion aujourd'hui, c'est bien parce qu'une partie de la droite de notre pays a ciblé particulièrement la communauté musulmane suisse et la burqa.
Je déteste la burqa et la vision des femmes qu'elle représente. Mais je déteste encore plus les circonstances d'aujourd'hui qui me font défendre le droit de porter la burqa en Suisse. Je me retrouve dans cette situation pour trois raisons simples, basées sur trois valeurs que, selon moi, nous partageons toutes et tous ici. La première est que l'on ne déshabille pas des femmes de force. La seconde est que l'on ne libère pas les gens malgré eux. La troisième est que l'on ne punit pas les victimes d'une oppression.
Légiférer sur la burqa - ou la dissimulation du visage - en Suisse est à peu près aussi absurde que de légiférer sur la ceinture de chasteté: le nombre de cas concernés est vraiment très réduit, les cantons sont souverains en la matière et, surtout, le cadre législatif suffit amplement à répondre aux cas de contrainte. Un nouveau cadre légal qui interdirait la dissimulation du visage ou la ceinture à clé pour les épouses ne permettrait pas de répondre à la vraie préoccupation de celles et ceux qui se préoccupent du droit des femmes dans ce pays. C'est pour cela que les Verts s'opposent au contre-projet. En effet, accepter un contre-projet, c'est reconnaître qu'il y a un problème. Or, il n'y en a pas. [PAGE 2232]
A nos collègues de gauche et du centre - dont certains, je[NB]le[NB]sais, font face à un vrai dilemme quant au port de la burqa -, ainsi qu'à nos collègues de l'UDC - qui se découvrent une fibre égalitaire que nous ne pouvons qu'applaudir -, je dirai que ces préoccupations en matière d'égalité ne trouveront réponse ni dans la mise en oeuvre de l'initiative populaire ni dans celle du contre-projet indirect, mais bien dans la mise à disposition de moyens supplémentaires pour la mise en oeuvre de mesures psycho-éducatives, pour les bureaux de l'égalité et pour l'aide internationale au développement, afin de favoriser l'égalité et lutter contre les violences faites aux femmes. Je me réjouis de vous voir toutes et tous soutenir de tels projets durant ces prochaines années.