Maitre Vincent · Nationalrat · 2019-12-18
Maitre Vincent · Nationalrat · Genf · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2019-12-18
Wortprotokoll
J'ai comme tout le monde pris attentivement connaissance de la réponse du Conseil fédéral à cette interpellation urgente. J'ai pris connaissance, comme mon collègue Feller, de la conclusion du Conseil fédéral qui est la suivante: "Rien ne permet cependant de confirmer une détérioration générale de la situation dans ces régions." Nous pourrions nous en satisfaire, puisque le Conseil fédéral dispose très vraisemblablement de données et de chiffres plus fiables et plus sûrs que nous, simples parlementaires. Mais, à y réfléchir deux fois, dans le seul canton de Genève, avec l'agression de quatre femmes et d'un adolescent en l'espace de quelques semaines seulement, c'en est définitivement trop pour admettre la seule fatalité.
J'ai également pris connaissance de la réponse à la quatrième question posée dans l'interpellation urgente et constaté que, du propre aveu du Conseil fédéral, des engagements et des renforts seraient possibles en réorganisant l'allocation des moyens et des postes aux frontières mais, nous dit le Conseil fédéral, "les ressources nécessaires à cet effet devraient être prises dans d'autres régions". Il est légitimement permis de douter de cela puisque, dans le seul canton de Genève, sur un effectif d'environ 350 gardes-frontière, près de la moitié du personnel est affecté exclusivement à l'aéroport international de Genève et au contrôle des passeports.
Pour le groupe du centre, il paraît évident que le Conseil fédéral doit aujourd'hui nous démontrer, sans remettre en question l'accord de Schengen, que celui-ci a finalement apporté plus d'avantages que d'inconvénients, notamment en matière de coopération des polices sur le plan international, par exemple en termes d'échanges d'informations issues des bases de données des différentes polices européennes. Il appartient au Conseil fédéral de nous démontrer maintenant qu'avec des mesures simples, concrètes et pragmatiques, il est possible de réaffecter des postes de gardes-frontière aux endroits où la situation est problématique. Surtout, il appartient au Conseil fédéral de nous démontrer que les questions de sécurité à la frontière ne doivent pas et ne peuvent plus être le seul apanage des partis populistes qui, finalement, en font leur lit à chaque élection et que, finalement, selon une tradition toute helvétique, il existe des solutions rapides - je l'ai dit -, concrètes et pragmatiques.
Nous remercions donc le Conseil fédéral d'agir maintenant, sans délai et sans retard, pour augmenter les effectifs du Corps des gardes-frontière et réallouer de façon plus adaptée et plus pragmatique les postes aux différents lieux où cela est nécessaire.