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Cottier Damien · Nationalrat · 2020-05-04

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2020-05-04

Wortprotokoll

La crise actuelle a montré l'importance de disposer de systèmes résilients et de pouvoir compter sur l'appui subsidiaire d'organismes comme l'armée ou la protection civile. Nous ne partageons pas la remarque qui vient d'être faite par le représentant du groupe des Verts. Il faudra, évidemment, faire une analyse de l'exercice pour voir ce qui a été utile et ce qui l'a moins été. Mais, au début d'une crise, on a besoin de ce type d'appui; c'est un peu facile, après coup, de dire qu'on n'aurait pas eu besoin d'autant de personnes, ou qu'il aurait fallu faire autrement. Cela, on le sait aujourd'hui parce que la première phase de la crise n'a pas été aussi intense qu'elle aurait pu l'être, et c'est parce que sa gestion a été réussie.

Nous pouvons donc être heureux de disposer de tels systèmes et nous devons être reconnaissants envers toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui mobilisés et qui s'engagent au service de notre pays et pour la santé de l'ensemble de la population.

Le secteur du sport tant professionnel et d'élite que populaire fait lui aussi face à d'immenses difficultés. Là aussi le Conseil fédéral a pris des mesures immédiates de soutien avec des systèmes de prêts et des aides financières directes, pour deux fois 50 millions de francs.

Le groupe PLR approuve ces décisions et les crédits qui y sont liés pour soutenir dans cette phase très difficile un domaine très important de la vie sociale de notre pays, qui est aussi un pilier de la promotion de la santé de la population.

Dans le domaine de la pharmacie de l'armée, nous sommes en face d'une proposition de minorité Grüter qui veut diviser par deux une partie importante des montants demandés concernant, en particulier, l'achat subsidiaire de masques de protection. L'argument est de dire qu'il ne faut pas donner trop d'argent au Conseil fédéral pour qu'il n'achète pas à des prix trop élevés, ceux du marché étant plus bas aujourd'hui que ceux qui ont servi de base au budget.

M. Grin - et cette fois je le cite à raison - a dit dans le débat d'introduction que le prix de 1,20 franc pour un masque d'usage courant était trop élevé. C'est vrai, ce prix-là est trop élevé, mais lors de la discussion à la Commission des finances, la cheffe du DDPS ainsi que l'administration ont [PAGE 417] démontré de manière convaincante que la Confédération veillait à acheter au meilleur prix, mais que le Conseil fédéral avait besoin d'une marge de manoeuvre financière suffisante, car les prix sont très volatils au plan mondial et les décisions doivent parfois se prendre, littéralement, dans l'heure. Les prix sur le marché international, après avoir montés fortement, et même très fortement, à la mi-mars ont à nouveau baissé nettement, et bien malin celui qui sait à quel niveau ils se situeront demain.

Dans ce domaine, la Confédération a un rôle subsidiaire, la responsabilité première appartenant aux cantons, aux hôpitaux et aux acteurs du terrain. Néanmoins ce rôle peut être crucial si le matériel vient à manquer. Par ailleurs un pays est mieux placé pour négocier au niveau international que, par exemple, un canton et cela plus particulièrement en ce moment, alors que la situation sur les marchés est très tendue du côté de la demande.

En termes financiers, ces montants ne seront probablement pas dépensés entièrement. Il s'agit d'un plafond maximal et le Conseil fédéral s'est engagé à acheter au meilleur prix. Le Contrôle fédéral des finances intervient par ailleurs en appui à la pharmacie de l'armée pour vérifier les prix, les livraisons et les contrats.

Il faut ajouter que l'essentiel de ce crédit sera compensé par des recettes, puisque la Confédération n'a qu'un rôle d'intermédiaire et que les masques livrés, par exemple aux cantons ou aux grands distributeurs, comme actuellement, sont revendus au prix d'achat, même si on ne peut bien sûr pas tabler sur une revente à 100 pour cent, ne serait-ce que parce que la Confédération a ses propres besoins en la matière.

Enfin l'OFSP - qui mandate la pharmacie de l'armée - planifie actuellement des réserves pour plusieurs mois. On ne parle ici pas uniquement de masques grand public mais aussi de masques FFP pour les professionnels de la santé, qui sont beaucoup plus chers et sans lesquels ces derniers ne peuvent pas travailler en toute sécurité ou avec une sécurité suffisante, et aussi d'appareils respiratoires. Il ne serait pas prudent de tabler sur des prix trop défensifs pour plusieurs mois alors que la situation peut changer brutalement.

Le groupe libéral-radical estime que ce serait un peu délicat, et à vrai dire arbitraire, de simplement diviser par deux certains montants en faisant une estimation, comme on l'appellerait dans mon canton, à la louche, si vous me passez l'expression. L'important est d'assurer la sécurité sanitaire du pays et un déconfinement réussi et en bon ordre. Ce matériel y contribue de manière essentielle.

Pour toutes ces raisons le groupe libéral-radical votera le crédit tel qu'il est demandé par le Conseil fédéral. Il suivra donc la majorité et il vous invite à en faire de même.