Porchet Léonore · Nationalrat · 2020-06-02
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-06-02
Wortprotokoll
Certains qualifient ce projet de courageux. Je présenterais plutôt ce dispositif comme relevant d'un bon sens de base pour affronter la question des drogues avec pragmatisme et efficacité.
Nous entourons les tests d'une batterie de moyens de contrôle: limitation dans le temps, protection de la jeunesse et concentration des objectifs sur la santé avant tout. Ce cadre est à la fois indispensable et largement suffisant. En effet, nous souhaitons obtenir des données réelles sur la consommation de cannabis, de sorte à adapter notre législation à la réalité du terrain et aux besoins réels de la police et de la prévention en matière de santé. Nous ne devons dès lors en aucun cas brader la qualité du texte adopté en commission, d'autant plus que les minorités et propositions individuelles dévoilent une opposition idéologique à des études scientifiques qui pourraient montrer une autre voie, moins coûteuse et plus efficace, dans notre gestion de la drogue et des addictions. [PAGE 568]
Pour que ces études soient efficaces, elles doivent être réalisées au plus proche des habitudes de consommation, contrairement à ce qu'induiraient les minorités Schläpfer, Herzog Verena et Roduit. Les prises de parole des défenseurs de ces propositions m'ont d'ailleurs fait plaisir, puisqu'ils ont tour à tour fortement critiqué l'industrie du tabac - je me réjouis qu'il en soit de même lorsque nous parlerons de la loi sur le tabac -, soutenu la prévention - je me réjouis aussi qu'il en soit de même lorsque nous parlerons de la LAMal -, et cité Addiction Suisse, qui soutient le projet.
Ces minorités introduiraient de telles limites qu'elles rendraient inutiles ces essaies pilotes. Mais en plus, ces dispositions sont contraires à la protection des données et représentent une intrusion inacceptable dans la sphère privée.
La commission, sous l'impulsion du groupe des Verts, a fait preuve de bon sens, en imposant les normes de l'agriculture biologique suisse aux produits consommés lors des tests. C'est un engagement fort en faveur de la sécurité des consommatrices et des consommateurs et un soutien bienvenu pour notre agriculture. Il serait irresponsable, en effet, de déléguer la qualité à des producteurs et productrices ne répondant ni à nos normes de qualité, ni à nos exigences environnementales. De plus, lorsque la préservation de la santé reste la plus grande préoccupation partagée par toutes et tous, il est bien normal de faire le maximum pour que les consommateurs et consommatrices ne se prennent pas, sans le savoir et sans le vouloir, un shoot de pesticides dans la bouche et les poumons. Il faut donc que le cannabis soit bio.
Je vous encourage à suivre la majorité de la commission à ce sujet.
Je conclus en vous rappelant que la dernière modification de la loi remonte à 2010. Il est grand temps de la relire sans idéologie et d'aborder la question des drogues pragmatiquement, avec la science comme guide. Affaiblir aujourd'hui le projet, c'est hypothéquer nos chances de faire, à l'avenir, mieux en matière de lutte contre la drogue et les addictions.