AB 26211
Grobet Christian · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-10-03
Wortprotokoll
La Poste est notre plus ancien service public national et la population y est tout particulièrement attachée. Le Conseil fédéral s'est lancé dans un processus de libéralisation et de démantèlement de ce service public. De toutes les parties du pays, les citoyennes et citoyens protestent contre ce démantèlement et constatent les conséquences particulièrement graves de ce démantèlement du service public numéro un du pays. C'est le moment que le Conseil fédéral change de politique.
La population, Monsieur le Conseiller fédéral, a clairement désavoué la politique de libéralisation et de privatisation de nos services publics il y a dix jours. Le Conseil fédéral doit tirer la leçon de ce grave échec que vous avez subi. Vous devez également, si vous voulez respecter encore le minimum des règles démocratiques de ce pays, déclarer un moratoire sur vos tentatives de libéralisation jusqu'à ce que le peuple suisse puisse se prononcer sur l'initiative populaire "Services postaux pour tous" qui a été déposée et qui permettra à la population de notre pays de se prononcer clairement sur la politique que vous avez engagée. Je pense que vous risquez, à ce moment-là, d'avoir bien des surprises, et il faudra tenir compte de la volonté populaire.
Dans l'immédiat, par ma proposition, je demande la non-entrée en matière sur l'arrêté fédéral relatif à la vue d'ensemble de l'évolution future du marché postal en Suisse.
Je suis conscient du fait que la loi prévoit une libéralisation en ce qui concerne le domaine des colis postaux. Eh bien, je voudrais que le refus d'entrer en matière soit un signe clair pour le Conseil fédéral de proposer une modification de la loi et de renoncer à ce qui a été prévu dans cette loi parce que ce sera un nouveau coup de poignard dans le dos de la Poste. Vous savez aussi bien que moi que cette prétendue ouverture à la concurrence vise en fait à instituer une concurrence déloyale à l'égard de la Poste. Comment osez-vous, Monsieur Leuenberger, aujourd'hui parler des prétendus bienfaits de la concurrence, alors qu'on en voit les effets néfastes et pervers lorsqu'elle est menée comme elle l'est par les grandes multinationales, avec leurs prix de dumping et l'effondrement, du reste, d'un certain nombre de ces sociétés qui ont spéculé sur les services publics?
Mais ce qui est plus grave, c'est que vous savez que ces sociétés privées ne vont s'intéresser qu'au secteur lucratif de la distribution des colis, que ces services privés ne s'occuperont pas de la distribution des colis dans la totalité du pays, dans les villages, dans les montagnes et au fin fond des campagnes. Et là, la Poste doit, dans l'intérêt général, assumer ce service général à la population, avec évidemment les secteurs déficitaires. En laissant les prédateurs du marché libre prendre uniquement les secteurs qui les intéressent, vous êtes en train de démolir un service public fondamental pour notre pays.
J'espère qu'en raison de tous les effets néfastes que la population subit à cause de cette politique, vous aurez aujourd'hui à coeur, en suivant le vote populaire négatif sur la libéralisation du marché de l'électricité, de dire non à cette politique, de demander au Conseil fédéral de revoir sa copie et de nous présenter une défense réelle du service public en faveur de la population.