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Reynard Mathias · Nationalrat · 2020-06-09

Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-09

Wortprotokoll

Nous voici donc enfin devant cette révision de la loi sur le CO2, que nous avions démarrée à la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie durant la précédente législature et qui suscite légitimement beaucoup d'attentes dans la population et répond à l'urgence climatique face à laquelle nous sommes.

Le dérèglement climatique est sans aucun doute l'un des problèmes les plus graves auxquels l'humanité est aujourd'hui confrontée. Si le réchauffement se poursuit selon la tendance actuelle, les conséquences seront irréversibles tant pour les écosystèmes que pour l'humanité. Cette réalité est encore amplifiée dans les Alpes. Lorsque le climat se réchauffe de 2 degrés sur la planète, la température augmente de 4 degrés dans notre région. J'invite donc les climatosceptiques présents dans cette salle à venir faire un tour chez moi, en Valais, ou dans n'importe quel canton alpin.

Pour observer tout d'abord la fonte des glaciers. Le plus grand des Alpes, celui d'Aletsch, se retire de presque 40 mètres chaque année depuis dix ans. Le glacier de ma commune, celui de Tsanfleuron, n'en a pas pour plus de vingt ans selon les spécialistes. Mais également pour observer les phénomènes liés au recul des glaciers et au réchauffement climatique. L'augmentation de la fréquence et de l'importance des éboulements et des laves torrentielles, les dangers pour la faune et la flore, les problèmes que cela pose pour l'agriculture de montagne, pour le tourisme alpin ou encore pour le secteur de l'hydroélectricité.

La crise du coronavirus a mis au second plan cette réalité, mais l'urgence climatique n'a pas changé. Sans acte fort, nous allons droit dans le mur et les impacts seront irréversibles. Seule une réponse politique globale et collective peut encore éviter le pire. C'est justement ce que vise l'Accord de Paris, établi lors de la Conférence internationale sur le climat de 2015 et qui concerne la période postérieure à 2020. Pour la première fois, tous les Etats se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La Suisse a ratifié l'accord en 2017 et c'est le dernier moment pour agir.

Nous participons ainsi à l'effort mondial, et notre pays a un devoir d'exemplarité. La Suisse doit apporter sa contribution à la protection du climat. Nous avons la technologie, nous avons les moyens, nous avons les compétences pour amener la Suisse vers la neutralité climatique. Il ne s'agit pas simplement de respecter un accord pour tenir un engagement pris au niveau international, mais il s'agit d'être à la hauteur de la situation pour répondre à l'urgence climatique par des mesures fortes pour notre avenir en commun, pour les générations futures. La responsabilité est extrêmement forte.

La révision totale de la loi sur le CO2 nous permet de nous affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles. Nous affranchir de cette dépendance, c'est assurer notre indépendance énergétique, notre liberté; c'est investir massivement dans les énergies renouvelables, notamment l'énergie hydraulique et solaire qui, combinées, représentent l'avenir. Le potentiel est énorme dans de nombreuses régions de Suisse. Reprenons un peu l'esprit de pionnier qu'avaient celles et ceux qui, avant nous, ont osé se lancer dans la construction de nos barrages.

Le groupe socialiste soutiendra donc, évidemment, l'entrée en matière et défendra de nombreuses minorités et d'autres propositions d'amendement du projet pour que les secteurs responsables des émissions de gaz à effet de serre assument leurs responsabilités, pour des solutions en faveur des régions de montagne et périphériques et pour une juste répartition des diverses taxes.