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Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · 2020-06-10

Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-10

Wortprotokoll

Je souris parce que notre collègue Olivier Français m'a dit ce matin de manière délicieuse que ma proposition était évidente. Si elle est évidente, elle n'a par contre rien de banal, et si elle est si évidente que cela, il ne serait pas téméraire de l'inscrire dans la loi. La mentionner dans la loi, c'est donner un signal fort pour l'organisation des soins et la reconnaissance du personnel soignant.

J'ai mentionné plus tôt des études et je ne reviendrai pas sur les chiffres présentés dans ces études sinon pour dire que, concrètement, dans le cadre d'une analyse de l'Office fédéral de la statistique, on a étudié les données de 135 hôpitaux de soins aigus et de plus de 1,2 million de patientes et de patients. Ces données ont été analysées entre août et octobre 2019 et portaient sur les années 2012 à 2017. L'objectif de l'étude était précisément d'examiner la corrélation entre le nombre d'heures de soins qualifiés et la proportion de personnel infirmier, d'une part, et les évènements indésirables d'autre part. La corrélation - je vous la fais courte - est évidente. Elle est également évidente entre la quantité de personnel - on a aussi parlé des conditions de travail - et la durée du séjour, le nombre de jours d'hospitalisation des personnes.

L'hypothèse selon laquelle la croissance du volume des soins infirmiers entraîne obligatoirement des coûts supplémentaires ne peut pas être confirmée. Il est possible au contraire d'éviter - ou en tout cas on peut aussi en formuler l'hypothèse - des coûts subséquents élevés si les prestations infirmières sont fournies suffisamment tôt dans le secteur des soins ambulatoires, dans le secteur des soins à domicile, ainsi que dans le secteur des soins de longue durée, notamment en milieu stationnaire, en EMS.

Cela a été dit: une offensive en matière de formation est une décision significative, c'est une discrimination positive légitime à mes yeux. M. le conseiller fédéral Berset l'a indiqué, c'est un véritable projet de société.

Un signal politique clair en faveur des dotations en personnel est aussi une décision significative en matière de reconnaissance du domaine de la santé et des professions. Sans interférer dans les réalités cantonales, il est fondamental d'agir. Si ouvrir des bureaux pour attirer de la main-d'oeuvre de France, de Belgique, du Portugal ou encore du Canada est une réalité - par ailleurs fragile, parce que nous sommes dépendants, et c'est éthiquement questionnant, parce que nous asséchons des marchés où des pays investissent également pour la formation -, investir pour les dotations en[NB]personnel[NB]permet aux personnes de ne pas quitter aussi tôt le métier.

Ich versuche es im Folgenden auf Deutsch. Wir behandeln hier als indirekten Gegenvorschlag zur Pflege-Initiative die parlamentarische Initiative 19.401, "Für eine Stärkung der Pflege, für mehr Patientensicherheit und mehr Pflegequalität". Mein Einzelantrag zu Artikel 39b nimmt ein wesentliches Element der Initiative auf, das im vorliegenden indirekten Gegenvorschlag nicht enthalten ist. Er will die Patientensicherheit und die Pflegequalität gewährleisten und ein Prinzip vorgeben, das die Kantone dann selber umsetzen können.

Wenn wir die parlamentarische Initiative nicht nur ernst nehmen wollen, sondern auch mehr als nur ein paar anerkennende Worte für die in den Pflegeberufen Tätigen übrighaben, ist es wichtig, auch die Patientensicherheit und die Pflegequalität ins Gesetz aufzunehmen. Ansonsten wird[NB]der[NB]Gegenvorschlag seinem Titel in keiner Weise gerecht.

Avant de conclure, je veux encore mentionner que le Conseil international des infirmières, dont le siège est à Genève, confirme également que la dotation suffisante en personnel infirmier, avec toute la gamme des compétences, allant du CFC, aux titres ES et HES, est un élément déterminant de la sécurité des patients et de la qualité des soins.

Pour conclure, que l'on discute avec la directrice des soins au CHUV, avec le chef du Service de la santé publique dans mon canton, le canton du Jura, ou avec mes collègues directrices et directeurs de HES romandes - et là je peux déclarer un lien d'intérêts de mon passé récent, à savoir que j'étais directrice de la Haute école de travail social et de la santé à Lausanne jusqu'au 31 mai dernier -, le message est clair: il ne faut pas seulement inciter les jeunes à choisir un métier dans les soins, l'enjeu est que le personnel formé reste dans l'environnement professionnel des soins.

Le chef du service du canton du Jura mentionne qu'au bout de cinq ans déjà, en moyenne, 40 pour cent du personnel soignant a quitté son poste pour se réorienter. Les réalités évoluent en fonction du niveau de formation. Pour le CHUV, Pierre-Yves Maillard, alors conseiller d'Etat en charge de la santé, parlait d'environ sept ans pour la durée moyenne d'un engagement, vu les difficultés de la profession. Cette réalité ne peut pas nous satisfaire.

Accepter la proposition qui vous est soumise est un pas significatif - pas banal, je le répète - en matière de reconnaissance du travail effectué et de son importance dans le système des soins.