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Sommaruga Carlo · Ständerat · 2020-06-15

Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-15

Wortprotokoll

J'avais préparé pour la discussion sur cette proposition de minorité un petit texte que je m'apprêtais à vous lire, mais les interventions des uns et des autres m'ont poussé à décider de m'exprimer librement, tout particulièrement après l'intervention de notre collègue Français.

Au sein de la commission, cela a été dit, nous avons parlé du plan financier et aucune demande ne nous a été faite de le modifier sur un point ou un autre, ni de le remettre en question. J'ai personnellement déposé une proposition relative à la crise Covid-19, et cela a suscité une discussion générale sur la question de savoir comment intégrer cette problématique dans le programme de la législature. Cela a été dit, ce point y a été intégré, et votre collègue de parti, Matthias Michel, a également participé à la discussion en faisant des propositions. Finalement, une proposition de consensus a été présentée par la présidente, proposition qui permettait de toucher à tous les domaines.

Cela montre que, finalement, la discussion sur le programme de la législature est intéressante et a aussi son effet. Elle peut avoir son effet non seulement sur la suite de la gestion de la crise Covid-19, mais aussi sur d'autres sujets, comme celui de l'Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable. Il vous a peut-être échappé, Monsieur Français, que je viens du canton de Genève, où la Genève internationale joue un rôle important non seulement pour Genève, mais aussi pour la région, et donc aussi pour le canton de Vaud, tout comme d'ailleurs pour la Confédération, et que la Genève internationale est aujourd'hui, de fait, la capitale des Objectifs de développement durable. C'est M. Michael Moeller, ancien directeur général de l'Office des Nations Unies à Genève, qui en a fait ainsi le centre de réflexion et de proposition de la gouvernance mondiale et de la cohérence des gouvernances nationales.

C'est pour cela aussi que, lors de ma campagne pour l'élection au Conseil des Etats, j'ai mis en avant les Objectifs de développement durable, ce qui fait que j'interviens régulièrement sur ce thème, que ce soit dans le cadre du programme de la législature, des objectifs de politique extérieure ou [PAGE 521] d'interventions parlementaires, telles que des postulats ou des motions.

Je pense que c'est important, et pourquoi est-ce important? Parce que lors du dépôt, en commission, de ma proposition, qui vise à intégrer dans la ligne directrice relative à la prospérité la mise en oeuvre de l'Agenda 2030, on m'a tout simplement répondu qu'il fallait en parler au moment des débats sur les objectifs de politique extérieure, puisque cela concerne essentiellement la politique de coopération au développement. Je constate aussi que, lorsque vous avez pris la parole, cher collègue de la droite bourgeoise, vous avez évoqué 19 Objectifs de développement durable, or il y en a[NB]17.

Ces différentes interventions montrent que, en fait, il y a une certaine méconnaissance, aujourd'hui encore, au sein de notre Parlement, de ce que sont les Objectifs de développement durable et du rôle, non seulement international, mais aussi national, de la cohérence des politiques publiques. Et je vous rappellerai que la question du développement durable touche différents domaines, qui sont variés, tels que la pauvreté, l'égalité de genre, la prospérité, et la prospérité non seulement aujourd'hui, mais aussi demain.

Et lorsque l'on parle de pauvreté, on voit que dans le message du Conseil fédéral, on nous indique que, malheureusement, la pauvreté en Suisse, au cours des quatre dernières années, ne s'est pas réduite. Cela peut effectivement être une préoccupation que nous devrions soutenir, et on le fait en respectant la cohérence des Objectifs de développement durable.

Pourquoi ai-je fait cette proposition? C'est parce qu'il me paraît important qu'on ne travaille pas en silo, d'une part, sur le programme de la législature et, d'autre part, sur l'autre document, considéré par le Conseil fédéral comme essentiel, à savoir la stratégie du développement durable. Il s'agit de pouvoir faire l'intégration des deux.

Je l'ai fait sous la forme non d'un projet précis ou d'une modification d'objectifs précis, voire de mesures précises, mais je l'ai fait dans le cadre d'une tête de chapitre, en indiquant que la prospérité de la Suisse doit s'inscrire dans la mise en oeuvre, aux niveaux national et international, des Objectifs du développement durable. Il est indispensable de passer par la mise en oeuvre de ces 17 objectifs, que ce soit au niveau sanitaire, de la coopération internationale - et aussi en Suisse - ou de la lutte contre la pauvreté. On sait que la lutte contre la pauvreté en Suisse est essentielle, puisqu'il y a encore 7 à 8 pour cent de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté et que la pauvreté dans le monde a une influence sur les flux migratoires et donc aussi sur la Suisse. Dès lors, il est important que l'on puisse intégrer cette préoccupation dans le cadre du programme de la législature.

Bien sûr, vous me direz que le chapitre 7 du message du Conseil fédéral aborde déjà cet aspect-là. Mais justement, il l'aborde dans un cadre annexe ou dans un cadre séparé de la mise en oeuvre du programme.

Je pense que c'est l'occasion aujourd'hui de pouvoir faire cette jonction de manière plus précise, ce d'autant plus que nous n'avons pas la stratégie du Conseil fédéral et le programme d'action sous les yeux. Dès lors, tenir compte globalement des Objectifs de développement durable, de l'Agenda 2030, dans les efforts consentis pour le développement, voire le maintien, de la prospérité de la Suisse, des Suissesses et des Suisses, me paraît être quelque chose de cohérent et de parfaitement justifié.

Je vous prie donc de suivre ma minorité.