Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2020-06-17
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-06-17
Wortprotokoll
Cette initiative répond-elle à un problème réel ou relève-t-elle d'un simple fantasme? A moins d'être aveugles, nous savons tous que des femmes qui sortent dans l'espace public le visage entièrement couvert, généralement par un niqab, on en voit, même dans une petite ville comme Sion. Pas tous les jours, heureusement, mais on en voit. Et plutôt de plus en plus souvent que l'inverse. Et sans aller bien loin, en France par exemple, on voit très bien ce qui arrivera un jour chez nous si nous ne faisons rien pour empêcher que ce phénomène se développe. Notre devoir, pour nos enfants, c'est donc de prévenir avant qu'il ne soit trop tard, avant d'en être réduits à devoir guérir. L'initiative a donc un but prophylactique évident.
Le Conseil fédéral l'a reconnu, lui qui a d'emblée admis, dans son message, qu'"il y a des situations dans lesquelles le port de vêtements qui dissimulent le visage peut poser problème". D'où sa proposition d'un contre-projet indirect, que la majorité du Parlement, après y avoir apporté des modifications, a reprise. Bon, nous ne sommes pas dupes. Si ce contre-projet a été conçu, c'est aussi comme - il faut bien le dire - une opération d'enfumage qui vise à torpiller cette initiative qui séduit jusque dans les rangs de la gauche, où les plus lucides ont compris que ce combat que nous menons contre la discrimination, contre ce symbole intolérable de soumission de la femme, contre cette forme de maltraitance, d'aliénation même, contre l'intolérance et contre l'obscurantisme, bref les plus lucides, même à gauche, ont compris que ce combat, il doit, il ne peut qu'être le leur également, à peine de se mettre en contradiction avec leurs principes de toujours. Le problème est bien réel donc, et ses enjeux, qui sont des enjeux de société importants, nous touchent par-delà les clivages politiques.
Un enjeu, je l'ai déjà abordé, c'est la dignité de la femme. Trois jours après la commémoration du premier anniversaire de la grève des femmes, celles et ceux qui, parmi nous, prétendent s'engager pour la dignité ou l'égalité de la femme se retrouvent face à un défi majeur: celui de rester tout simplement cohérents avec les principes qui, dimanche dernier, ont été réaffirmés haut et fort.
Un défi qui nous est lancé, c'est de ne pas laisser nos principes constitutionnels, ceux d'une société libérale, rappelés par le rapporteur de langue française, être instrumentalisés par des gens qui, en réalité, ont pour but de les remplacer par un autre ordre juridique, étranger à nos traditions et dont nous ne voulons pas.
Un autre défi qui nous est lancé, c'est de défendre une civilisation dans laquelle le visage a toujours été un facteur d'identification et d'expression, de respect de l'autre aussi. Dans ce sens, je me rappelle que, dans un document intitulé "Etat de droit et fondamentalisme", publié pour servir de base de discussion sur le vivre-ensemble en Suisse, le PDC avait exprimé l'avis limpide selon lequel "le visage doit être visible dans l'espace public, tant pour des raisons sociétales que pour des raisons de politique de sécurité et d'intégration".
Engagés dans ce qu'il faut bien appeler une guerre des civilisations, nous sommes, il n'est pas exagéré de le dire, en état de légitime défense contre l'islamisation de l'Europe et de notre pays en particulier; nous le sommes contre le développement de ce qui n'est pas juste un effet vestimentaire, ni même principalement un signe religieux, mais bien un signe politique, celui de la progression de l'islam, religion politique, en terre infidèle. Plutôt que d'opter pour une loi alibi sur l'intégration en soutenant le contre-projet, osons combattre résolument le port de ce signe ostentatoire de communautarisme et de refus d'intégration. Et n'oublions pas ce que disait en 2016 une personnalité importante du Parti socialiste - il siège parmi nous: "Quand la société dit ce qu'elle ne tolère pas, elle renforce les femmes qui se battent dans le cercle intime pour leur liberté."
Défenseurs de la liberté et de la dignité de la femme de tous les partis, défenseurs d'une société libérale, unissons-nous donc! Refusons de marcher dans la combine du contre-projet indirect et osons dire oui à cette initiative, oui à l'interdiction de se dissimuler le visage!