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Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2020-06-18

Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-18

Wortprotokoll

Mon postulat charge le Conseil fédéral de rendre compte de l'efficacité des mesures prises dans le cadre de Swiss Pledge et, le cas échéant, de prendre des mesures supplémentaires pour limiter l'exposition des enfants à des publicités pour des produits alimentaires contenant trop de sucres ajoutés et trop de gras.

Pour rappel, Swiss Pledge est une initiative volontaire de plusieurs grands fabricants de produits alimentaires et de boissons, ainsi que d'enseignes de restauration de premier plan. La liste des partenaires de Swiss Pledge comprend les entreprises suivantes: Coca-Cola, Danone, Intersnack, Kellogg's, Mars, McDonald's, Nestlé, Pepsico, Rivella, Unilever et Zweifel Pomy-Chips.

L'industrie publie régulièrement des communiqués où elle indique que les fabricants respectent parfaitement les engagements qu'ils se sont fixés. Or, ces chiffres ne sont pas produits de manière transparente. Par exemple, il n'est pas possible de savoir dans quels programmes les quelques 254 publicités pour des aliments malsains ont été postées; de même, on ne peut pas savoir comment les réseaux sociaux ont été analysés. C'est la raison pour laquelle on ne peut pas se fier à des évaluations certes flatteuses, mais très peu transparentes.

Le problème est que dans l'initiative Swiss Pledge, il y a un certain nombre de lacunes:

1.[NB]les critères nutritionnels pour les produits admis à la publicité sont insuffisants et devraient être élaborés par des experts indépendants;

2.[NB]les tranches horaires ne couvrent pas les heures à forte présence d'enfants;

3.[NB]les effets de Swiss Pledge sur les médias consultés par les enfants devraient être contrôlés chaque année par des experts indépendants;

4.[NB]si les publicités alimentaires non couvertes par l'autorégulation de Swiss Pledge restent trop nombreuses, l'Etat devrait élaborer d'autres types de mesures pour réaliser les recommandations de l'OMS.

Rappelons, si c'est encore nécessaire, que les derniers chiffres concernant l'obésité et le surpoids dans la population suisse sont alarmants. Le nombre d'adultes et d'enfants souffrant de surcharge pondérale a fortement augmenté ces dernières années. Ainsi, 41 pour cent des adultes sont en surpoids, dont 10 pour cent sont obèses. 19 pour cent d'enfants sont en surpoids ou obèses. La surcharge pondérale est l'un des facteurs de risque de maladies non transmissibles comme le diabète de type 2 ou les problèmes cardiovasculaires, notamment. Ces problèmes engendrent non seulement beaucoup de souffrance, de l'exclusion sociale, mais aussi des coûts élevés pour notre société. La crise sanitaire que nous venons de vivre nous a aussi rappelé que les personnes vulnérables en lien avec ces facteurs de risque ont payé un lourd tribut.

Je rappelle que le Conseil fédéral propose d'accepter ce postulat, certes bien modeste, et donc d'examiner si l'autorégulation, comme celle de Swiss Pledge, peut avoir un effet sur la publicité visant les enfants pour des denrées alimentaires trop sucrées, trop grasses ou trop salées. Dans le cas où cet examen devait conclure que ces mesures ne sont pas suffisantes, il présenterait des options possibles en tenant compte du rapport coûts-bénéfices.

Sur la base de ces explications, je vous propose d'accepter mon postulat.